[Fanfiction Pokémon] Entités Arc I - Substance Noire | Chapitre 27 posté !

erwannyeb
Joueur
115 messages
22/04/22 à 14h11
up!
0
paulmalo
Joueur
197 messages
25/04/22 à 17h16 (Edition : 25/04/22 à 17h22)
Well, well, well

Tes chapitres sont de mieux en mieux, on sent que tu y prends du plaisir et c'est agréable à lire.

Pour commencer, l'écriture a beau être plus violente que d'habitude, elle est comme le dit heero moins vulgaire, ce qui donne plus de charisme à tes personnages et de crédibilité à la narration.

Ensuite, ça faisait longtemps qu'on avait pas eu de combat, assez longtemps pour que ton écriture évolue grandement, et ça fait beaucoup de bien de voir un affrontement aussi accrochant, un peu long peut-être mais haletant, tu prends le temps de nous mettre dans la peau de Shade.

L'arrivée de Marik ne m'a pas tellement étonné ou intrigué, il fallait bien que quelqu'un la sauve et le fait de savoir qu'il y a autre chose derrière sa venue, honnêtement je m'en fiche je verrai ça au prochain chapitre xD

Cependant le fait qu'elle perde le combat, c'est bien joué, tu montres bien les faiblesses des personnages, contrairement à la plupart des fics présentes sur ce forum.

Comme il n'y a pas grand chose d'autre dans ce chapitre, bien qu'il soit excellent, mon commentaire s'arrête là ; bravo et bonne chance pour la suite !
0
AnigmA
Famous
2900 messages
21/05/22 à 1h23 (Edition : 22/05/22 à 21h28)
Chapitre 24 – Liés dans la tourmente


Point de vue de Cute.


Comment vas-tu mon cher journal ? Cela faisait longtemps n'est-ce pas ? Nous nous étions pas reparlés depuis trois jours, mais pourtant cela paraissait comme une éternité, sans poser ma plume sur toi...

Voilà une journée depuis que nous étions rentrés, moi et l'illustre attardé ailé. Une journée à faire la foutue baby-sitter, je te le fais pas dire... Et pas prêts de ressortir en dehors de la mission, à cause de la tempête qui approchait rapidement. J'étais toujours en train d'élaborer un plan pour m'introduire dans cette foutue base pour en voler les données afin de pouvoir découvrir des secrets, ces fameux secrets dont 21 m'avait parlé depuis qu'il était venu m'épauler face aux sbires de Zêta. J'avais griffonné de nombreux dessins sur les plans que le frère de cette peste avait toujours, avec de nombreuses esquisses encore visibles. Ces choses-là que cette vieille amie, sa Lady Ketsuban, convoitait...

Toi aussi, te souviens-tu d'elle ? Elle m'avait tant montré de choses que j'avais décidées d'ignorer, malgré moi, qui auraient pu me faire douter de la loyauté de certains hauts-gradés dès 2015. Mais je n'y croyais aucunement, pensant que mon petit cocon ne serait pas détruit entre-temps. Ô, comment fus-je si stupide de la mépriser...

Si tu savais à quel point cela me faisait du bien d'enfin souffler près de la cheminée, dorlotant ma petite Phyllali sur mes cuisses en caressant sa tête tendrement après avoir passé de si longues heures en mission pour découvrir mes secrets. Retrouver un doux chez-soi, face à une fenêtre enchevêtrée dans des lianes. Entrevoir le lever du soleil splendide de l'île était une des rares images qui m'avait manquée depuis mon retour ici.

Passer ma plume sur ta peau m'apaise tant... Cela faisait plusieurs jours déjà que je n'avais rien pu écrire ici, forcée de bouger d'île en île pour survivre. J'étais la chasseuse, pourquoi étais-je devenue la proie au final ? Ce foutu colonel incapable de tenir ses engagements jusqu'au bout, me demandant de tuer des hybrides dorénavant, il savait à quoi il s'attendait, sur quel honneur pensait-il que j'allais lui donner un sourire de satisfaction et une validation de sa demande ? Il voulait aussi que je passe sous son bureau et faire sa petite pétasse obéissante et frétillant la queue tant qu'à faire ?

Mon vieil ami, je dois admettre que je ne suis pas non plus rassurée de la situation. Aujourd'hui encore, j'avais posé mon regard sur ma Phyllali, montant à l'étage pour jeter un œil plus inquiet envers 21 qui était allongé sur l'autre lit de la maison, pris probablement par un autre cauchemar qu'il faisait depuis notre mission. Je n'en revenais pas de dire ça moi-même mais le voir être tourmenté alimentait ma tension. Depuis que ma connaissance, cet hologramme d'une personne qui m'avait suggéré tant de choses avait prononcé son nom, 21 était devenu déboussolé, murmurant un baratin de choses incompréhensibles. Un seul nom savait me faire tressaillir rien qu'à sa mention, tu vois ce que je veux dire mon ami, c'est comme si son aura de mort planait toujours autour de moi, voir dans mon ombre...

J'avais essayé de lui donner une tisane aux herbes et autres remèdes de ma famille mais rien n'y faisait, sa tourmente ne faisait que perdurer. Il murmurait même le numéro de sa sœur, se débattant fortement. Mon cher journal, je ne savais pas ce qu'ils avaient fait à ces pauvres hybrides, mais cela était bien pire que je pouvais imaginer... Révulsant, écœurant, dégoûtant ! Dire que le ramener avait été une plaie, il s'était presque évanoui dans mes bras, tu imagines la honte que je me suis tapée face à ces humains ?!

Je comptais d'ailleurs en discuter avec lui. Après tout, je ne connaissais quasiment rien de lui. En revanche, lui semblait savoir des choses à mon sujet et semblait entêté à ne rien vouloir me dire, ce sac à ordures. Je te jure, il aurait été humain, je l'aurais démembré avant de réduire son corps à l'état cellulaire, à servir de compost, lui et sa sœur attardée ! Mais je divague...

Par ailleurs, mon camarade, je crains aussi le futur proche pour une toute autre raison. L'heure d'affronter mes semblables approche à grands pas et je ne sais toujours pas si je serais prête... L'impensable se réaliserait donc après tant d'années à fuir cette idée, Zêta aura donc eu ce qu'il voulait de moi, que je me mette à tuer ceux de ma propre race. Je n'en avais pas été capable il y a cinq ans, pourquoi j'y arriverais maintenant ?! Je... je ne peux simplement pas le faire. J'avais pourtant côtoyé tant de tueurs de Gijinkas, tels que Wynn, Shade, ou même le 3ème Expurgateur, un maître en la matière...

Désolé, j'ai eu un frisson. Comme si son regard venait de se poser sur moi à nouveau...
Si j'étais une artiste dans le meurtre d'humains, lui était une légende vivante avec une réputation qui le précédait. Je n'étais pas de taille face à lui, personne ne l'était. Pas même 91.

En parlant de tarés, 21 fait du bruit, je peux l'entendre descendre les marches de l'escalier. Je te souhaite une bonne journée mon ami, même si cela me fait de la peine de t'abandonner si vite...

*****


Face à 21...


Reposant mon journal dans mon tiroir, je jetai un œil vers 21. Je constatais son état calamiteux par rapport à la personnalité plus enjouée que j'avais l'habitude de voir, dans sa tenue d'hybride habituelle, l'air lessivé et les paupières lourdes. Je l'avais entendu toute la nuit se débattre dans son sommeil au point que son stress m'avait envahi... Si seulement j'avais une Lun'Aile à disposition, il pourrait bien s'apaiser mais en trouver une relevait de l'exploit en temps normal. Au vu des crimes qu'il a commis durant des années, un sourire furtif apparut sur mon visage, je doute que Cresselia se pointe pour l'aider.

Il s'appuya sur la rambarde avant d'aller s’asseoir dans le fauteuil le plus proche, repliant ses ailes en lâchant un soupir. Les encens que j'avais posé dans sa chambre n'avaient pas l'air d'avoir fait un grand effet...

« - Eh bien, ça ne s'arrange toujours pas tes visions ? Entamais-je, esquissant un sourire moqueur.

Je n'eus que le silence en réponse... Il n'allait pas encore m'ignorer comme il l'avait fait en rentrant du laboratoire comme la dernière fois quand même ?!

- Je t'ai préparé un plat de fruits, baies et légumes de la forêt. Tu ferais bien de reprendre un peu de forces. Je hais cette maudite sous-race humaine, mais mon honneur m'incite toujours à aider un congénère dans la tourmente, alors viens donc manger quelque chose !

Il se leva péniblement avant de venir s'asseoir sur la table. Une maigre victoire restait une maigre victoire ! Retournant vite dans la cuisine, je soulevai alors le plat que j'avais pu amasser pour cette journée, discrètement bien sûr. Je n'étais pas une des hybrides les plus discrètes de l'Ordre pour rien, après tout. Rapportant donc le plat, je pus au moins lui arracher un faible sourire, ainsi que sa bonté, quand il se décida de me servir à boire avec Psyko en se saisissant de la carafe d'eau. Ma Phyllali, réveillée, se posa sur mes genoux, avant que 21 ne me perce du regard, comme s'il avait vu quelque chose.

- Tout va bien, 21 ? Fis-je, sans comprendre ce qu'il voulait me dire.
- Pourquoi tant de bonté venant de toi ? Je te fais si pitié que ça ?

Le regard cramoisi de l'autre fou s'était intensifié à ma surprise. Phyllali sauta de mes genoux, luisant sa queue d'une vive lumière verte kaki, signifiant Plaie-Croix, prête à lui bondir dessus. Il n'en fit rien en baissant les yeux vers elle, chargeant Dracochoc dans sa paume de main gauche, ce qui mit mes sens en alerte, au point qu'instinctivement, Lame-Feuille était déjà sortie, prête à couper. Je tremblais alors, me rappelant à qui j'avais à faire, reculant un peu, avant que 21 pouffa de rire très succinctement.

- Je pourrais techniquement te tuer d'un seul coup en renvoyant ta propre lame vers ton cou, tranchant ta carotide de façon instantanée. Quant à ton frêle Pokémon, un simple Psyko serait suffisant pour la réduire à l'état de fourrure.

J'allais lui sauter dessus pour cet affront envers mon amie, mais à ma surprise, il baissa sa main et poussa un simple soupir, observant son assiette l'air las. À quoi jouait ce foutu abruti ?! Mon cœur battait la chamade, allait-il tenter de me tuer ou pas ?!

- Tant de cauchemars m'ont tourmenté cette nuit, trop de visions, trop de cris, de hurlements et de jérémiades... J'inspirais à la base la terreur, l'angoisse procurée par cette sensation d'observer dans l'ombre sans être vu. Et regarde moi maintenant : je ne pourrais même pas te faire de mal si j'en avais envie, et tu pourrais simplement me tuer sans problème si tu le désirais. Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? Tu as eu ce que tu voulais et tu peux très bien aller chercher ces maudits codes sans moi. Un tel état de faiblesse, tu aurais pu en prendre l'avantage, me tuer et me ramener à Zêta en guise de pardon...

Il me laissa bouche bée, non pas parce qu'il me surprenait, mais par à quel point il pouvait être con, #!$@*!! ! Comment pouvait-il-

- Oh... ça m'apprendra à lire dans tes pensées, je suppose...
- ARRÊTE DE LIRE DANS MON ESPRIT, explosais-je sous sa remarque, espèce d'abruti doublé d'une crapule, laisse-moi avoir un peu d'intimité, vous les hybrides Psy êtes les pires à ce sujet, bande de déchets !

Il se braqua alors, l'air surpris de la colère qui s'était emparée de moi, au point que même ma petite Phyllali essayait de me calmer en passant sa tête contre ma cuisse, murmurant son nom en boucle... J'avais été si effrayante que ça ? Je m'apaisai une nouvelle fois, le regardant avec une réelle peine. Je commençais à comprendre à quel point ce poison l'avait entièrement ravagé. Il n'avait aucun réflexe social, il était complètement à côté de ses pompes sur ce que je pouvais penser de lui...

- 21, je ne tue pas les hybrides. On est tous les deux des fuyards, tu peux couvrir des choses que je ne peux voir, et inversement. Et même si nous n'avions jamais été en bons termes, je ne peux pas t'abandonner et encore moins te vendre à un type qui a sûrement actuellement promis ma mort.

Je réfléchissais à ce que je pouvais dire ensuite, me rasseyant aussi par la même occasion, notant son air de chien battu qu'il avait pris.

- Tu as toujours un talent inestimable en espionnage, avec ou sans invisibilité. Je ne peux pas aller seule dans cette opération sans quelqu'un comme toi, qui voit bien plus que ce que je peux voir, alors ne pense pas une foutue seconde que je vais te couper la tête durant ton sommeil, crétin !

Je pensais qu'il allait répondre quelque chose, mais il ne fit que me surprendre en faisant une seule chose. Il se leva vers moi, ce qui manqua de me faire partir au quart de tour après ce qu'il avait fait, mais plutôt que de me faire du mal, il se contenta de s'adosser à la fenêtre, ses bras portant sa tête songeuse. Une voix tremblante trahissait un sentiment de peur de sa part. Sa voix qui tâcha de briser quelque chose en moi, mais qui me révéla quelque chose d'autre.

- Je veux juste retrouver ma vie d'avant... Qu'on me rende ma sœur, ma famille, je ne veux plus de ces cauchemars, je n'ai rien fait pour mériter ça, dis-moi ce que j'ai fait Cute, je ne me souviens de rien de mon ancienne vie...

Je pris une longue minute pour bien réfléchir à ce qu'il venait de dire, et à ce qu'il avait subi. Je savais que 21 était arrivé avec 22 avant moi, une seule année avant dans l'Ordre et qu'ils y avaient prêté allégeance, mais très étrangement. Ce n'est qu'après que j'eus compris par quels procédés douteux cela été arrivé. Je n'étais pas bien placée pour juger quoique ce soit même si je trouvais ça dégueulasse !

Réfléchissant bien à ce qu'il disait, je me souvins aussi des rapports concernant Shade. Lorsqu'elle était en fuite, je me souviens avoir reçu des informations sur elle en cas d'interaction avec elle pour la ramener. Lire le passage sur sa « libération mentale » me força à observer 21 d'un air interrogateur, avant de tomber des nues. Je venais de comprendre. 21 était toujours présent lorsque nous étions partis en mission. Ketsuban, par le déclic qu'elle avait causé en donnant son nom, avait secoué 21. L'immense fiasco de l'Opération Dangeresque était donc revenu le hanter... Et indirectement, je saisissais enfin, écarquillant les yeux.

Il était redevenu libre.

Je fis vraiment attention, cela dit. Il pouvait très bien ruser et me faire croire ça pour l'amener à Shade ce qui pourrait avoir de désastreuses conséquences si jamais il était pavé de mauvaises intentions. Mais il y avait une chose dans son regard qui trahissait sa peur, ses craintes, le même regard que sa sœur avait eu sur cet aéroport le soir de sa fuite.

- 21...

Ce dernier, soupirant contre la fenêtre, baissa simplement la tête d'un air abattu. Je ne me rendais toujours pas compte de ce que cet éveil aurait comme conséquences. Et ce que j'ignorais surtout... au vu de l'état catastrophique de la psyché de 21, à quel point ce terrible poison détruisait une vie ? Je ne pus continuer de me poser des questions, quand il murmura une chose improbable, ce qui m'arracha presque un sourire.

- Je me souviens... Mon nom... Nokath. »

*****

Plus tard dans la soirée...


Je me remettais encore mes pendules à l'heure après ce moment. Bordel, si j'avais su que j'allais voir ça de mes propres yeux de façon plus douce que Shade ne l'avait eu, je me serais baffée.

21... Enfin, Nokath était depuis plusieurs heures allongé dans un état semi-conscient, enfin apaisé depuis quelques heures. Tout ce retour à lui l'avait laissé presque en état de choc, avec un paquet de mémoires lui étant revenu, de ce qu'il me laissait sous-entendre. Ouais, s'il fallait que je m'attende à autre chose que des devinettes avec ce crétin... Il s'était rendormi peu après, l'air cette fois-ci réellement calmé après sa libération mentale. Maintenant réveillé et plus normal je dirais, il s'était déplacé près de ma Phyllali. À ma surprise, ma petite Pokémon s'était endormie près de lui, alors que ce dernier passait sa main sur sa tête délicatement.

« - Ne compte pas te l'approprier, triple buse, profite bien qu'elle soit près de toi après ce que t'as fait plus tôt ! Refais ça et je t'assure que ta sœur ne te retrouvera jamais, taclais-je, toujours un peu irritée de la situation.

Il haussa quelque peu ses épaules, jonglant avec des sphères violettes d'énergie avec deux de ses doigts. Il me rendait vraiment songeuse, j'espérais vraiment qu'il ne se mette pas à me poser de questions sur l'Ordre au vu de sa rechute, je n'aurais pas malheureusement de réponse à lui donner. Jamais je n'avais mis le pied dans la base de Célestia en dehors de très rares occasions : je préférais ma petite forêt calme et paisible qu'un bloc d'acier sombre et morne propice à la dépression ! Et surtout, ça me laissait carte blanche pour tuer des cibles humaines présentes dans la forêt que personne ne retrouvait jamais !

Puis, si c'était pour côtoyer des déchets humains telles que le défunt Stones, hein... J'étais bien mieux loin de son rayon d'action à l'époque, ne recevant des ordres que des gradés hybrides, voir de Zêta lui-même. Ça, c'était plaisant !

- Pourquoi tu as toujours l'air si joviale malgré tout ce que tu fais ? Énonça-t-il, se penchant vers moi.

Me retournant vers lui et m'asseyant dans le canapé, je posai mon regard sur lui, quelque peu perplexe. Je pensais alors par rapport à son esprit. 21, le parasite, savait que j'étais bien dotée de libre-arbitre, mais est-ce que Nokath, le vrai hybride, en était conscient tout autant ? J'étais incertaine, mais s'il y a bien une chose que j'avais pu constater, c'est que sa sœur avait quelques bribes de mémoires présentes sur ce qu'elle avait commis. Peut-être était-ce pareil avec cette épave face à moi...

- As-tu oublié les membres de l'Ordre ? Ils t'ont tant lobotomisé que ça sur la table de toubib y a 15 ans ?
- Je sais très bien que tu possèdes un libre-arbitre. Pourquoi tu les as rejoins ? Quel intérêt ça t'a amené ? Persista-t-il.

Il m'accula un peu, surtout dans cette situation. Je n'avais certainement pas envie de lui dire des mensonges car je savais que ce crétin lirait dans mes pensées, mais si j'osais dire une chose de travers, il pourrait s'en prendre à moi comme Shade l'a fait à cette vermine d'Isao. Je pris une inspiration, prenant le temps de bien réfléchir à mes mots, avant d'y répondre, le plus calmement possible.

- Bien, je suppose qu'il sera mieux pour moi de m'ouvrir à toi, afin que tu comprennes. J'espère que t'es assez int-
- Vas-y plutôt que de bayer aux corneilles...

S'il n'était pas dans une stase proche de la catatonie je lui aurais certainement arraché la main pour ça !

- Oh ta gueule à un moment le larbin ! Si je suis venue dans l'Ordre, c'est de mon plein gré, tu le sais ça, non ?

Je lâchais un soupir en le voyant sourire en coin. Il semblait bien comme 21, la violence en moins... Peut-être était-ce juste sa façon de se rassurer que j'étais bien moi-même et pas une débile sanguinaire comme sa #!$@*!! de sœur...

- Quand j'étais une sotte enfant, telle que toi, je vivais dans une vieille forêt oubliée de nos jours, la grande forêt dense de Sylvodane. C'est là que je suis née, Gijinka d'Évoli, il y a 29 ans. En harmonie avec la nature, c'est là que j'ai décidé de ne faire qu'un avec elle, aux côtés de ma famille. Ça ne te dit probablement rien, pas vrai ? Personne ne pourrait t'en vouloir, mais je vais te le dire : il s'agit de l'épaisse forêt qui se trouve dans la région d'Oswell.

Il put répondre quelque chose qui montra qu'au moins, sa mémoire était moins trouble que ce que je pouvais penser.

- Le simple nom m'évoque quelque chose de vague, mais je ne peux pas poser le doigt dessus. La seule chose que ça m'évoque est l'odeur de cadavre.

... Aïe.

- C'est déjà ça, fis-je, sachant bien à quoi ça pouvait correspondre.

Je repris une inspiration.

- Nous avions quitté par la suite Sylvodane quand j'avais 4 ans. Mon père était visiblement heureux de déménager plus proche des grands pays comme Unys ou Sinnoh et cette dernière fut choisie pour sa mutation. J'ignore dans quoi il travaillait précisément, mais il me semble que c'était de la recherche en biologie très avancée, un sujet dont il se passionnait de me parler malgré la complexité de la chose. Il avait ce don de pouvoir expliquer même les plus difficiles choses avec de simples mots.

Je pus voir Nokath se prendre le menton.

- Pourquoi être parti ? Si tout était bien là-bas, quel intérêt de venir à Sinnoh ? Fit-il, songeur.
- Il me disait que c'était son opportunité de bosser dans des laboratoires prestigieux et aussi une occasion pour lui de se faire un nom plus tard. Pour lui, quitter Oswell et tout tenter à Sinnoh afin de se faire une place dans l'Histoire était le but unique de sa vie. Quant à ma mère, ça l'arrangeait aussi pour sa profession d’aromaticienne.

Un sourire fendit les lèvres de Nokath. Sa réponse néanmoins ne me mit que plus dans la rancœur...

- J'espère qu'il y est arrivé alors, il a l'air déterminé. Il y est arrivé hein ?

Je secouai la tête.

- J'aurais aimé qu'il réussisse. Sept années plus tard fut la date où je décidai de devenir ce que je suis aujourd'hui.

Le sourire qui habitait le visage de Nokath s'effaça soudainement, sa mine se faisant basse. Il voyait sûrement où j'allais en venir et je ne lui en voudrais pas s'il se mettait à me faire la leçon après.

- C'était le jour de mes 11 ans, en 2002. Nous vivions alors aux abords de Vestigion. Je devais simplement fêter mon anniversaire en famille, comme chaque année. Ils m'avaient dit d'aller récupérer des baies dans la forêt pour préparer en mon absence toutes les décorations. J'en doute pas qu'ils savaient qu'à 11 ans, je n'étais plus naïve. Enfin, je l'étais, mais plus pour très longtemps.

Me remémorer ces souvenirs me serrait le cœur. Le simple fait d'y penser me rendait malade, nauséeuse et haineuse.

- J'étais partie récupérer les baies et à mon retour, il ne restait rien qu'une odeur putride de cadavre carbonisé. Au début, je pensais que ce n'était simplement qu'un rôti m'attendant là, mais à la place, tout ce que je pus voir les larmes embrumant mes yeux étaient mes parents à moitié brûlés et pendus le long d'une poutre, attachés par des tiges métalliques souples, lâchais-je enfin, le regard assombri.

Nokath ne dit absolument rien pendant quelques secondes, laissant un silence pesant envahir la pièce. Je marquai moi-même un temps de pause, prenant le temps d'expliquer la suite en voulant oublier au plus vite cette mémoire. Ces sales vermines que j'avais juré de tuer n'avaient jamais été retrouvées, mais chaque pensée à ce jour funeste augmentait mes désirs de vengeance.

- Tout ce que j'avais pu voir entre mes larmes était un groupe d'humains fuyant armes en main, les levant au ciel dans leur pick-up avant de s'enfoncer dans la forêt. Je m'étais élancée après eux, pleine de haine et de colère, sans jamais réussir à les rattraper. Je me souviendrai toujours de la première nuit à pleurer de chagrin, mais aussi de haine et de colère contre eux qui avaient fait ça. J'avais contemplé le suicide cette nuit là, désirant les rejoindre avant de me ressaisir. Ils n'auraient pas eu envie que je ne finisse ainsi ma vie. Jamais je n'ai reçu d'aide de quiconque depuis ce double meurtre, alors j'ai pris ma résolution et les choses en main.

Serrant le poing, je me souvins de cette douloureuse promesse que je m'étais faite cette nuit-là.

- Sombrant lentement dans l'abysse du meurtre, j'avais juré de tuer chaque humain qui passerait en travers de ma route, chaque misérable vermine humaine désirant ou non faire du mal à nôtre race, assénais-je. Ils ne méritaient pas de vivre après tous ces crimes, et surtout avec ce qu'on entendant sur eux à notre égard. Inférieur, chimères que nous étions selon eux, alors que nous les dépassons en tout point ? Tsk... Incapables qu'ils sont, surtout.

Il se prit le menton, osant une question l'air néanmoins lugubre à écouter mon histoire.

- Incapables... dans quel sens ? Chaque être est capable de tout et de rien, où tu veux en venir ? Fit-il l'air incrédule.

- La Police de la région, à majorité composée d'êtres humains, n'a rien pu faire et a classé l'affaire sans-suite dans les semaines qui ont suivi. Délaissée par les autres, martelais-je en limant une dague qui traînait sur une table, j'ai simplement fini par prendre la clé des champs pour vivre en solitaire, m'entraînant et m'accaparant une vieille maison abandonnée dans les coins reclus de la Forêt de Vestigion. Un travail de longue haleine, suffisant pour capturer l'attention de mon futur supérieur, Zêta, ou N°91.

Il frissonna à cette mention, comme si même le nom de Zêta infligeait la peur à son âme. Je ne pouvais pas lui en vouloir, c'est vrai que ce type savait y faire pour terroriser ses subalternes quand il le désirait, bien plus que moi.

- Initialement un ancien général d'un ancien pays, continuais-je, il était devenu un des plus hauts-gradés de l'Ordre, dont je recevais les ordres. C'est lui qui m'avait recruté et enseigné encore plus de choses. Il m'a appris à ne faire qu'une avec ma lame, à être plus discrète que je ne l'étais déjà, ne faire qu'une avec la pénombre et la nuit. Sous le silence de cette dernière, seul mon rire nauséeux était ce qui devait le fendre. En plus des corps désintégrés à coup d'Eco-Sphère que je laissais à même le sol, cela n'était que la seule chose que je donnais pour qu'on sache qui venait de passer.

Je marquais un temps d'arrêt pour reprendre mon souffle en observant au loin le soleil terminant sa course, laissant un splendide paysage crépusculaire des plus somptueux.

- La seule chose que j'avais refusé de lui était son offre de poison. J'étais bien moi-même, je ne vivais pas dans le regret. Et il ne l'avait pas regretté jusqu'à il y a peu. Avant de me trahir, il était bien satisfait du travail que je le fournissais, tout comme sa supérieure. Bien que je ne l'ai jamais rencontrée, ce que j'eus entendu à son sujet tenait pour moi presque de la fantaisie. Une telle machine sanguinaire... Sûrement de la propagande.

Fermant mes yeux en formant ma Lame-Feuille, je pris une inspiration avant de poser mon regard sur cette attaque qui en était devenue mon arme de prédilection pour tuer sans pitié. Une lueur émeraude vive teintée d'un voile rouge invisible qui ne partirait jamais, qu'importe ce que je ferais...

- J'ai opéré donc comme exécutrice et assassin pendant quatorze longues années pour au final me retrouver avec toi, maintenant, dans ce foutu bordel sans nom, terminais-je. Dire que cette maudite clé recèle mes réponses...

Regardant cette dernière d'un air songeur sur ce qu'elle pouvait receler de si critique à mes yeux, je me mis à observer Nokath du regard. Outre certaines parties de corps sombres comme une nuit sans lune, j'ignorais bien ce qu'il lui était vraiment arrivé, vu que ces histoires n'étaient pas en général contées par d'autres membres de la région. J'espérais juste que son « éveil » venait pas de griller ses neurones.

- Et toi, Nokath, amenais-je. Comment tu t'es retrouvé dans ce merdier ? J'ai jamais compris ce maudit poison ni ces véritables effets, mais au vu des remous que ta sœur cause...

Il s'allongea entièrement, avant de regarder la baie vitrée, poussant un long soupir. Je pouvais bien comprendre pourquoi il n'était pas enclin à révéler son passé, on avait tous des choses horribles à cacher.

- De force, on va dire. Mes souvenirs sont très flous mais de ce que je sais, nous étions nés et vivions près de Vestigion. Notre famille nous avait élevés pour devenir les futurs gardiens d'Alto Mare, c'est tout ce que je sais à ce sujet. À l'âge de 13 ans cela dit, notre petit monde pur fut bouleversé.

Agitant un morceau de bois avec Psyko, il écrasa ce dernier à sa simple force, l'air irrité et rancunier.

- Isao et Wynn étaient ce jour-là en mission pour nous capturer et nous remettre aux supérieurs de la base de Célestia. Leur objectif était simple. Tuer notre famille et nous rafler pour leurs méprisables desseins. Je n'ai jamais oublié le moment où Wynn perça le cœur de ma mère sous mes yeux, désorienté et incapable de tout mouvement. Nous n'étions rien face à eux, ma sœur comme moi. Nous n'avons rien pu faire et ils nous ont emporté dans leur base.

Il croisa mon regard alors, d'un air mi-songeur, ne laissant rien transparaître pour le moment même si la situation me rendait mal à l'aise.

- Je suppose que tu ne connais pas la procédure pas vrai ?
- Nullement, ça ne m'a jamais intéressé la torture virologique, répondis-je en haussant les épaules.

Car j'avais aucune foutue idée de ce qu'ils foutaient dans ces bases. Zêta m'ayant mise à l'écart de ces protocoles, je m'étais toujours demandé ce qu'ils faisaient pour changer une personne des plus tendre à une bête sanguinaire au cœur noirci. Rien que d'y penser, je remerciais Arceus de ne m'avoir jamais mise dans ces terribles situations...

- Eh bien, ils nous ont drogué pendant ce qui nous a semblé une éternité, ma sœur et moi. Les premiers jours étaient horribles, ces souvenirs me sont revenus dans mes cauchemars et je n'arrête pas d'y penser. Les premières heures, ils nous avaient jeté dans un cachot en compagnie d'autres futurs cobayes, certains délirant complètement et d'autres dans une perpétuelle agonie. Shade s'était tenue à moi tout le long, tant elle était effrayée.

Le simple fait d'en parler le troublait, ça se lisait dans son regard, il était terriblement horrifié de ce qu'il avait vu.

- Ces foutus cauchemars, ces hurlements, ces cris d'agonie... je n'ai fait que revoir ça toute la journée. Ceux où ma sœur fut embarquée pour revenir comme une zombie à peine réactive à n'importe quel son, ou alors ceux, quand ils m'ont fait subir tant de sévices, que je ne pourrais pas décrire tellement c'était atroce, sans parler des Salles Violettes.
- Attends, ça par contre, ça me dit quelque chose, coupais-je. Il me semble que ce sont des cellules pour prisonniers, non ?

Il secoua alors sa tête, même l'air surpris de ce que je venais de dire.

- On n'en avait qu'une à Célestia, une seule à Frimapic, et très peu dans d'autres régions. Tout ce que je sais, c'est qu'ils y pratiquent de la privation sensorielle et autres tortures psychologiques pour rendre dociles les nouvelles recrues réticentes. On y est passé par là, Shade et moi avant de commencer les injections qui m'ont rendu aussi souillé.

Il marqua un long temps de pause, avant de reprendre ce qui semblait le traumatiser le plus.

- Quand ils m'ont injecté ce flux d'énergie sombre, j'ai comme senti mon cœur lâcher, mon esprit couler sous une force si éreintante que rien ne pouvait y faire. C'était comme une impression d'être enchaîné dans un vide obscur sans avoir aucun contrôle sur son propre corps, prisonnier de son bourreau, forcé à observer les agissements commis par un parasite. Je n'étais plus moi-même, et jamais je ne pourrais me pardonner pour ce que j'ai laissé commettre dans de nombreuses régions. Quand elle s'est évadée, mon autre partie ne comprenait pas pourquoi elle voulait partir, mais moi je le comprends parfaitement...

Il reprit une autre pause, me faisant bien comprendre la gravité du problème dans lequel nous étions au final mélangés.

- Maintenant tout comme ma sœur, je suis un fugitif avec trop de choses qu'il ne faut pas savoir, se lamenta-t-il quelque peu. Si jamais un Ordre de cette envergure était révélé au public, ce serait l'hécatombe sociale et politique : tout le monde finirait par s'entre-tuer et ils gagneraient haut la main. Mais je n'ai pas vu que ça, Cute, dans mes souvenirs...
- Quoi donc, qu'as-tu vu d'autre que tu estimes important ? Questionnais-je, curieuse.

Il me répondit une longue explication qui s'intercala parfaitement avec ce qui s'était passé il y a cinq ans dans la région lointaine par-delà les Terres Reculées, ce qui me fit extrêmement froid dans le dos rien que d'y penser. Il mentionna même comment il avait retrouvé son nom...

- Je me souviens aussi d'un homme élancé percutant un colosse, empêchant ce dernier de me tuer en hurlant « Vire tes pattes de Nokath ! ». C'est comme ça que je me suis souvenu de mon prénom.

Mon corps se mit à trembler malgré lui une nouvelle fois. Sans même qu'il me prononce son nom, je savais de qui il parlait. J'hésitai grandement à lui en parler, puis sachant que rien ne pouvait être pire que d'être mené en bateau, alors que selon lui, j'avais peut-être mal compris des choses sur ce qui m'était arrivée, je me décidai alors.

- Oh, je sais très bien qui est cet homme, amorçais-je sous son regard intrigué. Il est la seconde Entité à avoir échappé aux mains de l'Ordre. Parmi ceux qui se sont évadés, il y a le Seigneur de la Nuit, le tout premier miraculé. Je n'ai jamais rencontré sa personne vu qu'il s'est enfui bien avant ma venue. Vient ensuite l'homme au marteau-fusée, qui se surnomme l'Expurgateur. Plus précisément, il est le troisième selon sa famille et ses codes, avec ce titre. Le troisième à fuir fut Marik Hikari, N°55. Et les trois derniers en date, ce sont nous deux et ta sœur... Pas ouf pour eux, et je pense pas qu'ils vont laisser plus de prisonniers filer comme ça.

21 observa le plafond une nouvelle fois, passant ses mains derrière sa tête l'air songeur.

- Que voulait donc ce con au marteau alors ? Et Marik, l'homme élancé de mes souvenirs, voulait-il nous sauver alors qu'on était encore sous contrôle de l'Ordre ?
- Je l'ignore mais si ta vision ne te ment pas, il devait avoir une bonne raison de repousser l'Expurgateur. Personne de sensé n'oserait faire une telle chose.

Il frissonna à la mention de son nom, aussi préférais-je ne pas en dire plus. Il y avait une bonne liste de raisons pour ne pas en parler plus longuement.

- Je ne sais pas ce que toutes ces visions veulent me dire tu sais, mais j'espère simplement que ça ne va pas s'intensifier. Je tiens à procéder à la mission parce qu'à toi seule, tu risques de ne pas aller bien loin.
- Je crois savoir où tu veux en venir. J'ai néanmoins appris suffisamment de techniques en tant qu'assassin, je pense pouvoir encore me débrouiller.
- Négatif, coupa-t-il. Les bases de ce genre grouillent d'hybrides. Il suffit que tu tombes sur la ronde qu'il faut pas croiser et tu vas juste simplement finir aussi tremblante que moi.

Il croisa mon regard alors, plissa des yeux avant d'enchaîner sur une autre phrase. Un truc m'intriguait à ce sujet, me dites pas que...

- Et ne me fais pas croire que tu saurais te défendre, je te rappelle qu'on a décampé de Sinnoh parce que t'avais aucune capacité à te défendre contre de simples hybrides. J'ai beau être à l'état d'une larve au niveau de ma tête, mais je peux t'assurer que ça te sera amplement suffisant pour t'introduire dans la base. Je t'aiderai à localiser les hybrides et à te cacher si nécessaire, pendant que tu voleras ce qu'il faut, compris ?

Je soutenais son regard avec fermeté, essayant de déceler quelque chose. Passer si vite de perdu à déterminé, c'était pas son genre et ça se lisait. Il suintait, avant que je ne tilte, au vu de ce que j'avais appris avec une ancienne connaissance.

- Te voir reprendre de l'assurance comme ça pour me donner tort, laisse-moi deviner, il est encore en toi et il te parle comme un parasite ?

D'un air mi-surpris mi-accablé, il se contenta de hocher la tête. Il se prit le front, l'air épuisé. Le crétin avait le même problème que celui à qui je pensais...

- Ouais... Il n'est pas si cruel que ce que je le voyais faire on va dire, juste bizarre et posé, contrairement à ma sœur qui avait un parasite mégalomane et manipulateur...

Il frappa doucement sa tête comme s'il communiquait avec lui. Seigneur...

- J'espère juste, qu'en parlant d'elle, rien ne se passe mal. Je peux ressentir sa douleur depuis quelques heures, sans pour autant savoir la situation dans laquelle elle se trouve. Je peux le vérifier à vrai dire, avant que l'on parte en mission.
- Eh bien, comment donc ? Fis-je, intriguée.
- Je peux utiliser ma vision partagée, un pouvoir que je peux utiliser en tant qu'hybride de Latios. Et cela va se faire mainte... »

Alors qu'il allait se relever pour utiliser sa fameuse vision partagée, notre discussion fut coupée par un assourdissant vacarme. La nuit alors tombée, parsemée d'étoiles, venait d'être illuminée d'un violent laser, fendant le ciel et les nuages. Mon regard posé sur la capacité était comme hypnotisé : jamais une telle attaque n'avait semblé si violente et puissante, comme entourée d'une énergie bleutée et à la fois rougeâtre. Nokath, l'air incrédule, se releva en observant au travers de la fenêtre le majestueux rayon qui venait de percer le silence. L'attaque se dissipa lentement. Mais il ne fit qu'écarquiller les yeux encore plus, quand il entendit dans sa tête selon ses propres mots, en plantant son regard en moi :

« - Il s'agit de Shade... Et c'est un appel à l'aide. »

--------


Un mois plus tard, voici la suite des aventures de Cute, cette fois en compagnie de 21 qui semble vraiment pas bien depuis son escapade.
Si vous avez lu le chapitre entier, vous avez bien vu des choses qui se sont passées à son sujet ! Sachez qu'on approche progressivement la fin de l'arc 1. Peut-être sera-t-il fini cette année, je suis assez motivé cette fois disons :p

Merci encore à vous de lire mes écrits, j'espère qu'ils vous plaisent toujours après 6 ans. Bonne soirée à vous, et à la prochaine pour le chapitre 25 ! Qui va très certainement revenir sur notre chère Shade...
0
erwannyeb
Joueur
115 messages
21/05/22 à 10h36
pwaaa Toujours aussi génial.
0
heero
Joueur
540 messages
31/05/22 à 19h52
Il est en forme en ce moment, il enchaine les chapitres, profitez-en tant qu'il est inspiré (et surtout qu'il a du temps libre :D ), l'intrigue avance pas à pas pour chacun des personnages, on en apprend plus sur le passé, ainsi que sur cette matière noire et comme je suis dans les petits papiers, je peux déjà vous dire que le prochain chapitre va envoyer du pâté :P (enfin, dès qu'il sera achevé en modifications légères ;) ).
0
AnigmA
Famous
2900 messages
31/05/22 à 22h59 (Edition : 31/05/22 à 23h02)
Chapitre 25 – Règlement de comptes à Malié


Point de vue de Marik.


Dire que je venais de me réveiller pour apprendre que cette gamine impatiente venait de filer je-ne-sais-où, le tout juste avant de voir cet Ultralaser perçant le ciel dans un vacarme assourdissant... Après quinze longues années, tu n'avais donc pas du tout changé, petite froussarde ?

Je m'étais vaguement souvenu du petit surnom que je lui donnais quand nous étions plus jeunes, quand l'insouciance nous était encore un concept commun. Ses doux yeux ambrés se posant sur mon visage, me parlant de ce qu'elle promettait de faire dans le futur, pendant que je me chargeais juste de la protéger elle et son frère de ceux qui venaient les importuner. Une douce mémoire qui maintenant ne rimait qu'avec aigreur, rancœur et malheur. Avec ces trois sentiments, je faisais de nouveau face à celui qui m'avait, autrefois, appris à honnir mes semblables. Serrant les poings électrifiés sous l'effet de ma rage qui peinait à être contenue, je fis face à Morrow Amalric, alias N°60.

« - Mon cher ancien élève, Marik Hikari, comment as-tu survécu ne serait que la première des questions que tous les autres imbéciles se poseraient, sans même réfléchir à la moindre éventualité, commença-t-il en remuant un livre.
- Peuh, tu crois qu'un accident de chantier allait me faire canner ? Taclais-je. Même si je dois admettre que c'était une belle tentative, je tiens à suivre les pas du 2nd fuyard, c'est-à-dire de rester increvable qu'importe le bordel que vous m'envoyiez.

Il haussa ses épaules dans l'arrogance qu'il incarnait en permanence. Je ne pouvais rien dire, j'avais appris des meilleurs ce caractère. Sous cet effet d'ailleurs, ma queue de cheval en était même devenue électrifiée.

- Qu'importe. J'ai eu les informations dont j'avais besoin ce soir. À vrai dire, Shade n'est pas ma priorité bien que l'autre mécano préférerait la voir clouée sur une table d'opération pour la remettre d'aplomb.
- Alors pourquoi tu t'es bougé pour l'affronter ? Tu cherchais quoi au juste ? T'avais envie de voir si t'avais assez de force pour battre tes élèves et tu t'es pris une énième ratonnade ?
- Allons, 55. Tu sais très bien que nos secrets restent bien gardés, et que nous n'avons aucune raison de se les dévoiler. Shade n'a pas l'intelligence nécessaire hélas pour comprendre ceci, ce qui l'a fait faire exactement ce que je désirais voir.

De quoi parles-tu, vieux tas de ferraille ? Ma réaction le fit sourire une nouvelle fois, comme à son habitude. Je n'avais pas l'intention de lui refaire le portrait dans l'immédiat, je voulais surtout comprendre ce qui l'avait poussé à ne pas charcuter Shade comme il l'avait fait avec moi dans le passé.

- J'aime voir ton incrédulité mon vieil élève. Hélas, je crains que tu ne sois pas prêt à entendre ce que j'ai vu. Tu ferais tout pour la protéger par la suite et cela risquerait de la briser lentement, lentement, avant qu'elle ne soit qu'une coquille vide sans âme se baladant dans les limbes de l'oubli. Tu comprends où je veux en venir, pas vrai ?
- Après tout ce que vous lui avez fait ?! Argumentais-je. Vous en avez fait un rat de laboratoire, une arme instable tuant tout ce qui respire tout en étant une espionne à la solde de cette vermine se prenant pour une divinité... Et tu oses encore dire qu'elle risque de devenir pire sous notre aile ?
- Exact, Marik. Voyons, tu lui as déjà caché trop de choses. Tu crois qu'elle est venue ainsi, la fleur au fusil, désirant taper la causette avec son illustre professeur et son apprentie ?

Il marqua un temps de pause, dégainant deux pistolames après avoir jeté sa rapière brisée au sol. Katarina quant à elle reprit ses vulgaires crochets empoisonnés.

- Tu persistes à penser que tu n'es pas de mèche avec Jason, fit-il en me provoquant. Pourtant, je ne vois qu'un pion jetable servant un autre pion manipulateur dans l'échiquier de nos Généraux. Son incompétence rayonne jusqu'à nous, je te rassure, il faut croire que c'est congénital dans sa famille.
- Jamais je ne serai à leur botte et tu le sais.
- Tu n'es qu'un imposteur, Marik, souffla-t-il. Un idiot se fourvoyant dans une idée de messie quand il ne fait qu'engendrer comme son supérieur discorde et une perte de cohésion parmi vous. Pour preuve qu'elle s'est jetée contre moi seule contre vous au mépris du danger.

Je ne fis que sourire à lui de façon moqueuse. Je savais très bien ce qu'il voulait faire, simplement m'emmerder. Mais le connaissant, il savait aussi que ça ne marcherait pas. Il y avait autre chose.

- Et toi donc, Amalric, on reparle de tes allégeances ? Ce sale type... Tu ne sers qu'à peine ton propre supérieur.

Le sourire se mua en rire presque fou de sa part. Sa main gantée sur ses yeux en me jetant un regard plein d'amusement... Nous n'étions pas si différents, il était vrai.

- Oh Marik, nous sommes pareils, répondit-il en alignant ses pistolames au niveau de ses épaules avec Psyko. D'un imposteur à un autre, servant nos propres intérêts. Pourquoi je servirais un lieutenant-colonel de son acabit après l'amère mission d'il y a cinq ans ?

Il marqua une pause, reposant son livre et commençant à éteindre les flammes des bougies.

- Au moins, je suis satisfait de toi, Marik. Je t'ai bien formé pendant ces courtes années, au point que tu suives mes traces.
- Et je saurai te montrer que j'ai appris bien plus depuis notre dernière rencontre.

Je savais que la police ne tarderait pas à arriver après l'attaque de Shade. Il fallait faire vite pour les tuer rapidement puis fuir de là pour engueuler l'autre idiote. Je n'avais pas le choix. Mais un deux contre un, ça n'allait pas être une mince affaire surtout contre un être si agaçant que lui, du moins si je restais dans le standard de mes capacités...

- Oh oui c'est cela, cher élève, tança-t-il en agitant ses armes vers mon bras sous le regard incrédule de sa subalterne. Montre-moi donc ce que tu as obtenu par le passé, et surtout, montre-moi donc ce que tu caches au monde. Je veux le voir...

Impossible ! Il ne pouvait pas savoir ça, à moins que...

- Cette sale raclure ne sait pas la fermer hein ?
- Tu ne pourrais comprendre les enjeux de notre Maître. Il ne ferait de toi qu'une bouillie moléculaire éparpillée dans le néant de l'espace, d'un claquement de doigts. Mais assez parlé.

Reculant et se mettant à léviter, il commença à emmagasiner de l'énergie dans ses armes, tandis que Katarina prit une pose de combat, ce que je fis sans rien dire. Il parlait, il aimait ça. Je lui avais laissé le soin de déclarer ses dernières paroles, après tout. Le respect était une chose qu'il m'avait appris il y a longtemps.

- Prépare-toi à rejoindre les tréfonds du Mont Erebus, là où tu aurais dû mourir. »

Agitant l'électricité dans mes mains, au-dessous de la bibliothèque de Malié, je ne pris pas le temps que les deux fous se déplacent, faisant d'un geste de la main tomber sur eux deux attaques Fatal-Foudre. Amalric et son esprit vif le fit reculer sur l'instant en tirant deux attaques Luminocanon depuis ses armes afin de me prendre en traître, mais Katarina le prit de plein fouet, geignant sous l'impact en lâchant un juron. Je roulais rapidement sur la droite pour éviter le double tir, avant qu'ils ne s'encastrent dans un armoire à livres, l'explosant sous le coup. La fumée générée me laissa tout juste assez de temps pour me fondre dans la pénombre, les lumières des bougies ayant été soufflées.

Plongé dans le noir, je devais vite réfléchir à un plan. J'étais facilité, étant nyctalope, capacité naturelle chez mon espèce mais la cloche de service était bien débrouillarde pour voir dans le noir. Quant à l'autre conne aux crochets, je pus voir avant de me fondre dans les ténèbres de l'endroit des lunettes de vision nocturne. Un combat dans le noir, je savais m'en sortir, ce n'était qu'une formalité.

Un silence pesant se fit entendre avant qu'un son déplaisant parvint à mes oreilles : Amalric venait d'utiliser Distorsion, ce qui allait définitivement me poser problème. Ma vitesse étant supérieure à celle d'Amalric mais inférieure à celle de Katarina, cela sera plus compliqué. Me préparant à le recevoir, je restai sans cesse en mouvement, courant en envoyant des attaques Mâchouille avec mon bras droit en accumulant les ténèbres à l'intérieur, posant même un œil dessus pour voir si le bras était bien... coopératif. Elle rendit l'attaque différente afin de pouvoir le toucher au loin sans avoir à me rapprocher. Indirectement, ses ripostes à coup d'attaque Luminocanon et Miroi-Tir étaient de mise : chacun d'entre nous au final cherchait une ouverture, il détruisit les miennes avec les siennes.

Katarina fut plus sournoise, profitant de ma concentration sur Amalric pour se glisser dans mon dos. Entendant ses bruits de pas, je m'abaissai avant de mettre un coup de pied chassé vers mon opposante en arrière pour la faire trébucher avec Queue de Fer qui se manifesta par une accumulation d'énergie en une seule batte lumineuse, alors qu'elle s'apprêtait à planter ses crocs dans mon corps, déjà suintants de poison. J’enchaînai alors en l'attrapant par mon bras droit avant de l'étourdir avec Tranche-Nuit sous la forme d'une lame de lune, labourant son buste, la faisant saigner du poison.

« - Bordel, il ne pouvait pas être aussi con que l'autre folle qu'on a latté plus tôt ?
- Tu t'attendais à quoi, une promenade de santé ? »

Je pus entendre N°60 approcher alors et sans hésiter une seconde, je pris de l'élan face à moi en concentrant toute l'électricité de mon corps avant de sauter en préparant un Moon Kick, déchaînant Survoltage en touchant premièrement Katarina, retombant contre Amalric, le faisant reculer. Il se releva assez vite de l'impact, rechargeant l'énergie de ses pistolames ainsi que dans ses deux mains. Reculant dans la pénombre, il laissa son alliée sonnée sous l'impact que je lui avais asséné.

Voyant que le combat n'évoluait pas, je décidai de charger sur lui avec une attaque électrique de mon bras gauche, au moment où il utilisa Strido-Son. D'un saut périlleux, j'évitai l'onde sonore, dupliquant mon corps avec Clonage pour induire Katarina en erreur, l'entendant se relever. Cette dernière heureusement ne vit pas à temps le clone se former, me permettant de me concentrer pleinement sur mon ennemi. Amalric en prit bien compte et chargea une double attaque en mettant ses pistolames face à moi avec Psyko, se préparant à tirer vers moi.

Je ne perdis pas une seule seconde avant de changer de bras pour utiliser Mâchouille, faisant apparaître une large mâchoire faite de ténèbres pour ne pas finir balayé par ses attaques, ce qui fractura une de ses armes, et le fit reculer un peu. Prenant un bon appui, je pris un élan suffisant pour le balayer au visage avec un coup de pied imprégné de Tranche-Nuit, éclatant au passage la pistolame endommagée et laissant une balafre sur sa joue. Il ne se laissa pas faire plus longtemps et bloqua le second coup que je lui préparai avec Abri, me repoussant en arrière avec Psyko.

Il me bloqua là où il le souhaitait, me repoussant avec Laser Météore qu'il chargeait probablement depuis le début. Croisant mes deux bras devant moi en utilisant Abri, je tins le coup en utilisant Ondes Étranges au même moment, laissant un flux d'électricité l'entourer temporairement, baissant nettement la puissance colossale du rayon qu'il venait de me balancer à bout portant, le foudroyant de plein fouet avec Survoltage une fois son attaque dissipée.

Il termina sa course mais non pas sans envoyer en traître une attaque Ball'Ombre qui fut rapidement bloquée par mon bras droit. Malgré tout, la fumée engendrée par le choc lui donna un avantage. Il revint alors à la charge à une vitesse anormale, même sous Distorsion après s'être rétabli contre le mur. Proférant un juron mais avec un sourire toujours aussi malsain, il effectua une série d'attaques avec sa pistolame contre mes Mâchouilles et autres Crocs Éclair pour bloquer ses coups, les déviant un à un en étant à ma concentration maximale. Mais en me focalisant trop sur Amalric, son sourire grandit, je compris vite que j'eus oublié un certain détail : le clone laissé tantôt n'était pas invincible.

D'une prise en traître, Katarina me ceintura et avant même que je puisse utiliser Survoltage pour me défaire d'elle, un Amalric furieux tournoyait déjà contre moi avec la force d'un camion pour me projeter au loin avec Gyroballe, renversant sa comparse par la même occasion dans une moindre mesure mais lui permettant de se rétablir pour combiner le coup avec un autre. Elle sauta au-dessus de mon dos avant de m'abattre à terre avec sa queue, combinant Séisme à l'impact fracturant le sol sous mon corps ainsi que les étagères autour de moi, renversant le tout à terre. Je poussais un râle, sentant deux de mes côtes y passer, essayant de relever ma tête, je ne voyais que le regard hautain d'Amalric.

« - Pas mal pour une promenade de santé, mais je m'attendais à mieux de celui qui a tenu tête à votre collègue, Boss.

Un applaudissement suivi néanmoins d'une gifle d'Amalric se fit entendre directement vers sa collègue, qui se massa la joue sans comprendre. Je pus sentir un croc empoisonné me pincer la peau au niveau des veines, me forçant à serrer les dents. Comment avais-je pu oublier cette garce...

- La prochaine fois, privilégie donc la protection de ce lieu sacré, tu crois que le savoir se conserve aisément ? Beugla-t-il presque, sous l'énervement en essuyant quelques blessures que je lui avais laissé.

Elle haussa simplement ses épaules, sentant ma force partir lentement à ce moment.

- Tetra n'aurait pas souhaité qu'on prenne un risque inutile. N°55 est bien plus important que deux babioles du passé qu'on peut retrouver un peu n'importe où.
- Pas ces livres, vermine, ils sont inestimables et à la fois un vestige d'un ancien temps abandonné. Quand bien même, bon travail. Je commençais à perdre patience avec cet imbécile...

L'attaque Piège de Venin, hein ? Je réfléchissais. Je n'avais pas envie de retourner là-bas et me faire avoir avec cette méthode n'était vraiment pas une façon cool d'y retourner. Mais d'un autre côté, j'hésitais. Avais-je vraiment envie de rentrer dans son jeu ? Son regard cramoisi me fit comprendre que c'est ce qu'il cherchait, comme s'il me provoquait presque à l'utiliser pour le défier une nouvelle fois.

Je ne pouvais pas révéler ça envers lui ainsi que ces effets. Les conséquences seraient dramatiques et je n'aimerais certainement pas que Shade ainsi que les autres en subissent ces dernières. Mais repartir avec ces dalleux n'était pas non une option.

- Ne perdons pas de temps. Je ne veux pas risquer la venue de l'autre fou furieux ici ou de la Police. On décampe, immédiatement. Assomme-le !

Elle leva alors son pied, tandis qu'Amalric me bloquait avec Piège de Roc autour de moi, m'empêchant de bouger. Il s'amusa même du manque de résistance que je montrai alors que je réfléchissais de plus en plus à quoi faire.

- Je t'ai connu plus combatif, est-ce donc la fatigue qui te gagne, mon jeune élève ? Je crois que tu as encore beaucoup à apprendre. Mais ne crains rien, fit-il en prenant mon menton de sa main en s'abaissant à ma hauteur. Tu seras parfaitement à la hauteur de notre Maître. De ton vrai nouveau Maître.
- Plutôt crever que de servir ce despote, Amalric !

Râlant avant qu'elle puisse m'assommer, je laissai mon énergie se décharger avec Coup d'Jus, repoussant les deux temporairement. Je me relevais face aux deux belligérants, quelque peu affaibli, alors qu'Amalric essuya le choc électrique qu'il venait de subir.

- Insolent et bercé dans une délusion des plus grandes, cracha-t-il, je vois que tu ne veux donc pas en arriver là. Mais regarde toi donc. Tu es affaibli, et...

Je pressentis un effet s'estompant alors, l'effet de la Distorsion venait de cesser sur ces paroles. Je n'hésitai pas une seconde, prenant un élan brutal en me propulsant vers lui avec un seul but en tête. Katarina s'interposa immédiatement face à son mentor avec une attaque Poison-Croix.

Mais elle ne s'attendait pas à ce que le fleuron d'une des branches des Entités allait se retourner contre elle. Saisissant un objet conquis il y a de cela quelques années, je laissais ma Luxrayite m'entourer de son énergie, me laissant devenir plus rapide et puissant. Hurlant de colère et frappant de plein fouet Katarina avec Éclair Fou pour l'envoyer au loin, elle traversa six étagères déjà éventrées sous l'effet de la surprise. Même Amalric cilla face à moi, l'air à la fois subjugué, surpris et enjoué. Ma colère était son amusement, sa mort allait être ma satisfaction.

- Si je m'attendais à une telle chose... »

Je ne lui laissais pas le temps de continuer sa phrase ni de contempler mes changements en crachant un peu de poison à côté. Je devais en finir et vite. Et je vis une surprise qui allait vite m'irriter, sachant que je détestais affronter ce genre de chose. Chargeant immédiatement à mon paroxysme avec toute la force de Survoltage, hurlant avec Grondement pour renforcer mon attaque, il haussa ses épaules, avant d'inverser sa position avec Katarina via Interversion. Elle n'eut pas même le temps de comprendre ce qu'il venait de lui arriver, que le haut de son corps fut arraché d'un seul coup dans une effusion de sang mélangé à du poison. Elle s'écroula à terre en me regardant d'un air livide, sous les rires sournois d'Amalric.

C'est là que c'était une toute autre paire de manches, observant un Σ se former sur son front, et une puissance absolue émanant de ce savant fou, sous mon incompréhension.

« - … Impossible. Tu n'es pas infecté ! Seuls les infectés peuvent obtenir ce pouvoir !
- Les merveilles de la science, Marik, auxquelles tu as contribué ! Contemple donc une partie du fruit de tes recherches... Tu n'es qu'un vulgaire moucheron que je vais réduire en cendres pour mon Maître ! »

Je n'étais pas entièrement serein. Même avec cette Méga-évolution, affronter un détenteur de cette énergie n'était pas une chose aisée pour n'importe qui. J'en revins presque à regretter mon deux contre un d'il y a quelques minutes...

Devais-je utiliser mon atour final ? Il recelait trop de secrets lourds et je ne pouvais pas me le permettre. Toutes ces questions furent balayées de ma pensée, quand soudainement, un sifflement dans le ciel fendit le vacarme ambiant. Pas n'importe lequel. Un météore était en train de chuter.

Amalric ne chercha même pas à l'éviter et se contenta d'utiliser Interversion Alpha sur lui-même et sur la quantité de livres présents pour se téléporter non loin de l'impact, comme un téléport, avant de protéger le tout avec Abri Alpha. Le météore souffla avec une puissance incontestée le champ de bataille. La comète traversa le trou déjà présent depuis l'Ultralaser de Shade, laissant un massif cratère jonché de débris. J'espérais de tout cœur que cette cruche n'était pas revenue, encore moins l'autre furie des ténèbres avant de voir le fautif. À moitié heureux et inquiet, je pus au moins voir du positif à travers ses yeux ambrés ayant remplacé ses anciennes pupilles coquelicot.

« - Bah alors, à moi de te sauver maintenant ? C'est quoi ça, 2015 à Orefield ?

Je me pris le front en soupirant.

- T'es vraiment obligé de reparler de ça 21 ? Boucle-là !

Amalric nous fixa tous les deux. L'hybride du dragon utilisa Vibra Soin sur moi afin de me soigner de quelques plaies, mais aussi mes côtes. Lévitant dans les airs, il se mit en posture face à mon adversaire, qui fut légèrement surpris de sa présence.

- Tu n'étais donc pas mort, contrairement aux rapports. Mais en plus, tu t'es toi aussi sorti de cette torpeur ? Mais qu'est-ce qu'ils ont foutu à Célestia, tout transpire l'incompétence dans cette pièce ?! Râla-t-il avec une telle sincérité.
- Abandonne, 60. Tu n'es pas de taille contre nous deux réunis, taclais-je.

Pour appuyer mes paroles, 21 saisit sa gemme autour du cou avant lui aussi passer en Méga-évolution. Ce gugusse avait donc bien changé et cette fois, pour la première fois depuis cinq ans, était à mes côtés non pas en tant qu'ennemi, mais en tant qu'allié. Oh que oui, je me souviens bien d'Orefield...

- Je ne sais pas trop ce que tu fous ici, Amalric. Mais ce dont je suis sûr, c'est que jamais tu ne retoucheras à ma sœur, pas après tout ce qu'elle a traversé.
- Oh 21, tu ne sais pas à quoi tu te mesures...
- Nokath, interrompit-il. Et j'en ai rien à carrer, retourne d'où tu viens ! »

Il se souvient donc de son nom, quelle bonne nouvelle... Et la furie qui l'animait n'était cependant pas partie. Et cela m'arrangeait. Un allié de plus était ce dont j'avais besoin. Et lui de tous ceux qui auraient pu venir...

S'armant de sa pistolame et d'un regard cramoisi brillant à son paroxysme, Amalric provoqua de son premier geste, forçant notre approche vers lui. Nokath se contenta de rester à distance, refusant le corps à corps. Croisant ses mains, il attrapa avec Psyko les étagères éventrées pour les envoyer vers lui tout en se reprenant en puissance avec Plénitude, alors que je m'approchais de lui à grande vitesse avec Tranche-Nuit, en formant une large griffe pour le labourer de toute part.

Amalric ne fit rien de tout ça, se contentant d'inverser sa position via Interversion Alpha avec deux étagères à la suite, me faisant frapper les débris. Il ne perdit pas une seconde pour attaquer Nokath en traître qui se hâta de bloquer Luminocanon Sigma, ressemblant à une pluie d'obus tout droit sortie de sa pistolames, avec une attaque Abri. Ce dernier se fissura et alla en profiter pour l'empaler avec son épée mais j'eus tout juste le temps de le tacler hors de sa position avec Crocs Feu, le bousculant contre les murs. Il geignit bien plus que tantôt, crachant du sang à terre, en me fixant d'un regard haineux. Je ne perdis pas une seconde avant de charger vers lui à une vitesse faramineuse, octroyée par le talent de ma Méga-évolution : Célérité, doublant ma vitesse dès que ma Méga-évolution est active.

Tout à son honneur, il ne chercha pas à utiliser Distorsion cette fois à ma surprise, mais utilisa d'un coup Mur de Fer Alpha. Alors que Nokath et moi préparions une attaque conjointe à base de Feu Ensorcelé et Crocs Feu, je fonçai donc en m'enveloppant dans un brasier intense sur lui avec Survoltage. La triple attaque combinée aurait dû avoir raison de son corps mais il décida d'utiliser Abri Oméga, qui créa à la place un dôme rougeâtre autour de lui. À l'impact, une onde de choc me projeta en arrière, avant de nous asséner un coup brutal avec Gyroballe Oméga. Celle-ci envoya des pans de murs d'acier droit sur nous en plus de son attaque tournoyante, m'envoyant contre une étagère.

Nokath esquiva avec élégance avant d'envoyer deux attaques Aurasphère vers lui, mais il en profita pour m'intervertir avec lui pour que je subisse les projectiles. Je ne pus les éviter, déjà salement affaibli alors je décidai de répliquer sur le champ avec Tonnerre. Cela profita néanmoins à Amalric qui, en apparaissant près de Nokath avec une autre téléportation, l'abattit au sol avec Tacle Lourd avant qu'il ne puisse retenter une autre attaque. Il chargea ensuite vers moi, enchaînant des coups de lames contre mes attaques Tranche-Nuit. Un duel rapproché où notre colère se muait en rage de vaincre. Je comprenais maintenant pourquoi l'Expurgateur parlait si mal des hybrides Psy capables de faire appel à ces saloperies de téléportations...

« - Abandonne Marik, tu n'es pas de taille. »

L'envie de lui donner tort me titillait, mais je n'avais plus le choix au final : il était bien trop vicieux et dangereux pour être laissé en vie. Nokath étant toujours à terre, j'en profitai pour utiliser ce dont j'avais besoin pour le réduire à néant. Déclenchant alors la puissance liée à moi en mon bras droit, je n'eus qu'à prononcer une seule phrase.

« - Viens à moi, Mausolée, et réclame son âme impure. »

Il recula sous ses mots, et son sourire arrogant disparut dans la seconde qui suivi. Une aura très sombre m'entourant alors, d'une feinte lueur bordeaux. La suite fut ce qui le terrifia au plus haut point : toute mon énergie rassembla les ténèbres les plus obscurs de la pièce, avant de s'agglomérer en une sphère pourpre. La salle plongée dans le noir, dévastée par le combat, n'était illuminée que part l'équipement d'Amalric et de mes pupilles rubis. Il n'allait pas s'en sortir vivant. Il leva un bouclier d'acier, même si ça n'allait rien changer.

« - Carnage Obsidien. »

L'attaque le piégea d'un seul coup dans des chaînes noires dentées, avant de l'englober dans une sphère noire, implosant au bout de deux secondes dans une violente et titanesque explosion d'énergie, lacérant Amalric de toute part. Un homme gravement blessé était à la place de l'être méprisable que j'avais face à moi il y a encore dix secondes, ce qui m'arracha un fin sourire. Il eut une difficulté immense à se relever alors que je m'approchai de lui pour le tuer.

Mais alors, à la seconde où je m'apprêtais à en finir une bonne fois pour toutes, un laser cyan me toucha aux jambes. Cela bloqua mes mouvements avant qu'une autre attaque touche mes bras pour les geler sur le coup. Ce gel ne dura que quelques secondes de trop pour sentir toute ma vitesse partir, voyant le subalterne d'Arx Tetra fuir à une vitesse ahurissante, non pas sans avoir pris des livres massifs sur le chemin, probablement avec Interversion Alpha. L'enflure, il a dû utiliser Permuvitesse...

Mais ce qui m'enragea, ce fut quand je vis la responsable, me narguant de ses yeux couleur bordeaux et jaunes. Elle était drapée derrière un masque et un foulard d'une même couleur, se fondant dans la nuit noire. Cette femme que je pensais avoir tué... Numéro 56, mon ancienne partenaire.

« - Pas aujourd'hui, vieux camarade. Tu aurais dû bien vérifier que j'étais morte avant de disparaître dans la pénombre de la nuit. »

Elle ne prit pas son temps et fit exactement ce que je fis il y a plusieurs nuits, me crispant au plus au point. Elle était encore en vie... Cela ne m'arrangeait pas. Enragé, je coupais le flux d'énergie du Mausolée de la Mort entourant mon bras. Je me retournais alors vers Nokath avant de le relever, un peu sonné par l'attaque de froussard d'acier.

« - Nokath, ne reste pas là. Repars d'où tu viens, les flics ne vont plus tarder.
- Ne t'inquiète pas pour moi, toussa-t-il. Avant que je parte, réponds-moi juste... Est-elle en lieu sûr ? Va-t-elle bien ?

Je jetai un bref regard à son frère, repensant à celle qui m'avait au final amené dans ce merdier. Ses yeux étaient aussi purs et sains comme dans mes souvenirs d'école. Une nouvelle qui tâcha de me rassurer pour l'avenir. Peut-être n'y avait-t-il pas de remède, mais une porte de sortie était toujours possible. Souriant face à lui, je me contentai alors d'un simple mot.

- Oui.

Il me rendit la pareille.

- Alors continue. Je ne peux pas me rapprocher d'elle ainsi, c'est trop dangereux. »

Il prit alors son envol alors que la bibliothèque commença à s'effondrer dans une discrétion des plus grandes. Les fondations ne tenaient plus correctement après tout ce combat, et malheureusement pour Amalric, ce lieu qui semblait tant lui plaire n'allait hélas pas y réchapper.

Je n'oubliais néanmoins pas Shade. Sans cette manœuvre périlleuse, je n'aurais pas pu découvrir que 56 était encore en vie ni qu'Amalric maîtrisait ce pouvoir. Mais d'un autre, j'aurais aimé qu'elle ne mette pas en danger toute l'opération comme une sale égoïste...

-----------------------------------------


Après dix jours, voici le chapitre 25 ! Toujours lancé sur ma foulée, je continue donc avec un combat faisant directement suite à l'intervention de Marik au chapitre 23, avec une petite surprise en cours de route. Un chapitre qui m'a pris du temps mais dont je suis satisfait.

Maintenant, de nouvelles questions peuvent se poser, et certaines seront très rapidement répondues dans le chapitre suivant... ~

Merci encore de me lire et d'apprécier ce que je fais, le chapitre 26 arrivera bien assez tôt. :)
0
ShadowMewto
Banni
102 messages
31/05/22 à 23h13
ça se voit que tu prends du plaisir et je peux le comprendre . Donc résultat auquel on est habitué, soit génial.
Cordialement ShadowMewto
0
erwannyeb
Joueur
115 messages
31/05/22 à 23h20
Hype
0
heero
Joueur
540 messages
02/06/22 à 12h06
Ce fut long, il faut dire que raconter des âneries en faisant certaines modifications, ça devient vite le parcours du combattant, on a bien mis presque 4 h en deux fois pour corriger les erreurs d'inattention dans le texte. La partie combat a pris un bon moment, par ma faute, avoir trop de références et les expliquer à un novice, c'est long. :D
Bref, ceci étant dit, un chapitre passionnant qui laissera des marques aux protagonistes et une bibliothèque dévastée en passant :P
0
AnigmA
Famous
2900 messages
12/06/22 à 23h47
Ravi que tout ça vous a plu. :)
Le chapitre 26 et la suite de l'arc aura néanmoins du retard. L'écrit reprendra d'ici Juillet 2022.

Bonne soirée à vous :)
0
heero
Joueur
540 messages
19/01/23 à 22h32
Bump
0
AnigmA
Famous
2900 messages
19/01/23 à 22h34 (Edition : 19/01/23 à 22h36)
Chapitre 26 – Calme avant la tempête


Point de vue d'Amalric.


« - … Vous avez donc le grimoire que ma supérieure demandait, mais où est passée Katarina ? N'était-elle pas avec vous, Amalric ?

Comment devrais-je m'expliquer face à mon supérieur ? Ce sera facile, que mon Maître disait... Une promenade de santé, tu parles.

Je remerciais toutes ces années d'entraînements passées à scruter toutes actions et leçons apprises par mes ennemis, cela m'avait sauvé ce soir-là. Mon Maître avait veillé sur moi pour l'avoir vénéré pour ce qu'il était, et je lui en étais reconnaissant. Parvenir à s'en sortir en vie après cet affrontement était une rare chose dont peu avaient le luxe de se vanter. Il ne pouvait le voir, mais j'avais une collection de bandages formant un large sarashi entourant mon torse derrière ma toge. Et cette sensation de brûlure constante restait fortement désagréable. J'étais dorénavant face à lui debout, son regard planté dans le mien attendant une réponse. Son bureau était anormalement désordonné et il semblait étrangement essoufflé, pour quelqu'un qui était généralement irréprochable sur son lieu de travail.

- Malheureusement, nous avons été pris en embuscade. Il s'avère que Marik Hikari est dans la région et est venu nous empêcher de mettre la main dessus. Il n'a cependant pas pu nous arrêter.

Le visage de mon « supérieur » se ferma quelques secondes, faisant mine de réfléchir à mes paroles. Supérieur à vrai dire était un bien grand nom : officiellement, je le servais. Officieusement, mes allégeances prêtaient à une toute autre personne haut-gradée de l'Ordre rivalisant avec celle qui servait de chef à mon collègue ci-présent.

- Évidemment, imbécile, qu'il est dans la région ! Souffla-t-il de façon véhémente. Cet abruti était à Sinnoh en train d'affronter nos troupes aux côtés de la fugitive. S'il est ici, c'est que le petit groupe auquel il gravite autour n'est pas loin. Ce damné persiste à déjouer la mort comme je le pressentais... Il commence à me gonfler sérieusement. Vous n'avez pas pu le stopper à deux contre un ? Maugréa-t-il.
- Il s'est endurci depuis notre dernière rencontre. N°55 n'est plus la même épine dans le pied que nous avions parmi nous il y a des décennies, surtout depuis que son chemin a croisé celui de l'Expurgateur.

Il balaya ma remarque d'une main d'un air dédaigneux, soufflant d'une manière méprisante.

- C'est ça ton excuse, tu n'avais pas mieux ? Où est Katarina, elle devait revenir avec toi et je ne la vois pas du tout.
- Probablement ensevelie sous les décombres de la bibliothèque de Malié. Marik l'a pris en traître grâce à la Luxrayite que vous lui aviez confié il y a de cela quelques années avant de la tuer.

Et cela en fut de trop, vu qu'il frappa son bureau en se prenant le front, soupirant de plus belle.

- Comment se fait-il que deux de mes subordonnés des plus entraînés et chevronnés ne puissent guère enterrer une bonne fois pour toutes ce merdeux ? Qu'a-t-il sorti cette fois encore en plus de cette foutue méga-gemme?
- L’Artefact du Mausolée, répondis-je. Je ne peux pas vraiment rivaliser avec ce pouvoir, tout comme vous.

La mention de cet objet légendaire le fit se rendre plus compréhensif de la situation. Malgré l'agacement qui semblait persister, il soupira longuement en se rasseyant, l'air visiblement préoccupé.

- Nous ne pouvons pas continuer de laisser ces êtres courir dans la nature avec ces objets si précieux. Je crains que l'on ne puisse rien faire à moins de le prendre par surprise et cela relève plus de la chance que de la technique, après toutes ces foutues années...

Sur ce point, j'étais d'accord envers mon prétendu allié. Presque tous ceux qui avaient essayé de mettre le grappin dessus aujourd'hui n'étaient plus parmi nous pour témoigner de leur misérable échec.

- Ne vous en faites pas mon Maître. Je suis persuadé que dans cette ancienne relique se trouve les réponses à vos multiples interrogations, tentais-je, pour calmer le jeu.

Il se prit le menton, dubitatif de la chose tout en fermant ses yeux sous ses nombreuses pensées qui semblaient l'envahir. Une longue minute passa, pendant laquelle il ouvra nombre d'écrans numériques autour de lui, enclenchant de nombreuses simulations et calculs comme pour essayer de trouver une solution viable à ses raisonnements.

- Je ne vais pas perdre de temps afin de vite me débarrasser de ma mission qui retarde la principale opération que je dirige à l'heure actuelle. Passe-moi donc le grimoire que je t'avais demandé.

Je le lui tendis sans pourtant lui préciser tout ce que j'avais vu d'autre. Oui, j'avais vu la fugitive tant recherchée par notre Ordre, mais mon Maître avait d'autres plans à son sujet. Je me devais donc de tenir cette information pourtant capitale à ses yeux au secret, quitte à le mettre en porte-à-faux. Mais qu'importe, ce n'était pas très grave. Après ce qu'il s'était passé il y a cinq ans, il était passé d'un élément clé à un outil dispensable. Et il le savait, ça l'avait rendu furieux au fil des années.

- Aucune autre information ne t'est parvenue ? Me fit-il, d'un air interrogateur, se levant. Car je suis bien au courant de cet Ultralaser fusant depuis la bibliothèque.

Je secouais la tête.

- Nullement. Seul Marik nous a posé problème cette nuit.

J'allais partir alors, avant de réfléchir rapidement à quelque chose. Je savais que le météore allait être une preuve pour lui que je lui cachais des choses à cette déroute. Pire, je n'avais aucun allié partageant le type Dragon...

- Hm, quoique. Le frère fugitif de la furie que nous recherchions est venu en aide au beau milieu du combat. Il est reparti peu après aussi dans une direction menant vers le sud de la région, en fuite.

Il se prit le menton alors, mais avant de pouvoir dire quoique ce soit, un appel vint sonner à son bureau, qu'il s'empressa de soulever mentalement avec Psyko.

- 54 au bout de la ligne, déclinez votre identité.

Une voix de femme facile résonna au bout de la ligne, ainsi qu'une voix teintée d'arrogance. Je devinai facilement à qui mon supérieur avait à faire.

- Wynn et Sparker au bout de la ligne, on a des informations à vous faire parvenir au sujet de 21 et 11, les deux autres fuyards recherchés après l'attaque de l'aéroport.
- Vous tombez bien, fit-il. Je vous écoute, bien qu'il me semble que mon subalterne l'ait aussi croisé.
- En effet ! Hier, après son attaque à Malié, il a été repéré en direction d'Akala. Nous y avons mis le cap immédiatement peu après son décollage, en traçant via les dispositifs fournis. Il s'avère qu'ils se cachent tous les deux dans la Jungle Sombrefeuille à l'heure actuelle. Du sang a été prélevé très discrètement autour des lieux, mais nous ne sommes pas encore entrés dans la forêt à l'heure actuelle.

Le regard inquisiteur de Tetra fusa alors immédiatement vers moi, ses yeux prenant une lueur cramoisie. Ces deux gougnafiers ne pouvaient donc pas se permettre de suivre une voie plus juste et noble que celle de leur insupportable supérieur ? Dans quelle infamie j'allais encore m'embourber... Sparker prit ensuite la parole, me sauvant temporairement de mes cachotteries.

- Nous attendons vos directives quant à une action directe pour les capturer maintenant ou de continuer à les suivre. Pour le moment, nous n'avons rien sur 22, mais il m'est avis que la capture de 21 pourrait nous permettre d'accéder à son pouvoir de Latios, à savoir sa vision partagée. Nous pourrions alors deviner où se trouve la comparse que vous cherchiez depuis longtemps.

Il hocha la tête, ravi d'entendre une telle nouvelle, sans pourtant quitter mon visage de ses yeux. Il resta néanmoins dubitatif. Je pense qu'il pouvait bien se saisir d'une bonne aubaine, mais qu'il était risqué pour les deux idiots d'affronter le frère de Shade directement. Sparker et Wynn étaient entraînés pour ce genre de menaces, mais 21 avait toujours eu le don de nous surprendre par le passé. Surtout moi, quand je le formais encore durant son adolescence.

- L'idée me paraît très alléchante, mais je crains que cela soit un peu dangereux de valider une embuscade. Je ne sais pas de quoi le gamin est capable, s'il est lui aussi libre de sa substance ou non...

Il prit alors sa décision, ce qui me sembla judicieux de sa part.

- Tâchez de ne pas les laisser s'échapper. Traquez-les s'ils s'enfuient, ne les perdez pas de vue, quoiqu'il arrive. Ils ne doivent pas s'échapper, surtout 21. S'il commence à s'envoler, abattez ses ailes, mais uniquement en dernier recours. Quant à Cute, si vous l'attrapez, vous me la ramenez en vie. 91 se fera un plaisir de la punir à sa façon.
- Entendu. » fit Wynn.

Raccrochant, un sourire s'étira sur ses lèvres. D'une seule attaque Psyko, il souffla une partie de ma toge dévoilant les bandages entourant mon torse ainsi qu'une de mes pistolames endommagées, ce qui le fit cette fois-ci un grondement annonciateur.

« - Tu oses donc me cacher des choses espèce de vaurien ? Vers le sud, hein ? Pas vers la #!$@*!! de forêt au nord ?

Je me contentais seulement de hausser les épaules.

- Venant de celui dissimulant ses échecs à sa Grandeur, je ne ferai aucune leçon envers mes subordonnés.

Il s'apprêta à m'attaquer, je pus le voir dans ses yeux tant sa haine était palpable. Je pouvais très bien me défendre contre lui en temps normal mais la situation actuelle ne me le permettait vraiment pas. Je mis néanmoins ma main sur ma rapière, avant que ce dernier leva ses yeux vers une personne s'approchant dans mon dos, que je pus sentir passer ses mains sur mes épaules.

- Oh mon cher petit Morrow... Pourquoi ne pas tout dire ? Il est vrai, tu as vu ce petit galopin de 21, mais tu pouvais simplement lui dire qu'il était venu soutenir Marik, pas vrai ? Rien de plus...

La voix de N°56, l'ancienne coéquipière de Marik Hikari avant qu'il ne s'échappe vint me sauver sans s'en rendre compte, in-extremis. Une fine hybride de Dimoret se tenait derrière moi avec un fin sourire pendant qu'elle s'avança vers mon chef. Ce dernier parut se calmer un peu, sans pour autant calmer la lueur ardente de ses yeux.

- Eh bien, parle donc, vu que ton crétin qui te sert de supérieur n'est pas foutu de révéler des choses correctement.
- Relax, Boss. Il était si pathétique au combat qu'il n'y avait pas de grand intérêt à y tenir compte. Il s'est fait évincer par Amalric, seul Marik a réellement posé problème. Ne lui en voulez pas trop de ne pas être aussi précis sur des choses anecdotiques, voulez-vous ? Qu'il fuit ou qu'il reste sur l'île ne change pas grand-chose.
- Cela n'empêche pas que chaque rapport doit être complet, et vous savez très bien pourquoi. Je ne dois pas vous rappeler les fiascos d'il y a quelques années je l'espère ?

Elle agita son index de gauche à droite, son fin sourire s'étirant un peu plus.

- Ne projetez pas vos échecs sur nous, Boss, n'oubliez pas qu'Il vous regarde toujours depuis là où il se repose. Et dernièrement, il ne semble guère apprécier votre conduite.

Apaisant sa lueur, il serra néanmoins son poing suffisamment fort pour qu'il crisse sous l'effet de sa colère. Il n'osait pas que l'on mentionne mon Maître, et ça se voyait toujours, à chaque fois depuis maintenant longtemps.

- Donc, comme je le disais, 21 n'est qu'anecdotique. Dites juste aux deux cons de le capturer s'il décide de s'aventurer quelque part. Quant à Cute, à la seconde où elle sera seule face à nous, elle ne fera rien de mal. Ce n'est qu'une pétasse folle qui n'ose pas affronter ses semblables. Elle n'est qu'une faible gamine qui n'a jamais mûri.

Croisant ses bras, il sembla être satisfait sans pour autant prononcer un mot, tournant dos à nous quelques secondes avant de soupirer.

- Pars donc, 56.

Elle tira alors sa révérence, retirant ses douces mains de mes épaules. Cela dit, elle murmura quelque chose dans mes oreilles qui me fit légèrement frémir...

- Je te fouetterai moi-même pour avoir osé un tel mensonge aussi gros. Mais je pense que tu préfères cela à une punition de notre Maître, n'est-ce pas ? »

Je ne fis rien, acceptant mon sort. Cela était largement préférable. Haussant ses épaules, 54 se retourna alors vers moi, avant qu'il ne me révèle quelque chose qui me semblait un peu... dangereux de faire. Et surtout, une chose qui me surprit un peu, ce qui contrasta avec ce qu'il venait de dire.

« - Je me doutais bien qu'il était là, ce foutu frère. Qu'il prenne la clé des champs alors qu'il cherche depuis plusieurs jours sa sœur aurait été d'une stupidité aberrante. Il peut pressentir après tout où elle est à peu près. Filer d'un coup au sud ? Balivernes.

Il marqua un temps de pause, rigolant un peu dans son masque métallique, avant de reprendre de plus belle sa tirade.

- Les détecteurs à Substance Noire que nous avons pour repérer dans un rayon de cent kilomètres un peu partout l'ont déjà retrouvé depuis quelques nuits, à bouger dans tous les sens tout en restant sur cette île. Tout ce qu'on y voit sur ces engins est une trace énergétique. Pas un signal précis. Je voulais juste bien voir si tu allais me mentir sur ses mouvements.
- Bah voyons... Et quand bien même vous savez qu'il se trouve ici, vous ne prévenez pas vos troupes ? Répondis-je, curieux de sa manœuvre. Il est toujours impossible qui plus est de les détecter DIRECTEMENT ?
- Ils étaient déjà au courant, avoua-t-il. Ils se cantonnaient à ce que les informations du radar donnaient, avant de ratisser les lieux en quête de réponses. Quand bien même, ces radars sont peu précis et ne relèvent simplement que des pics d'activité ou d'énergie. Je te rappelle bien, le seul pic détecté ce soir... est le tien. Seulement et seulement si tu parviens à l'utiliser, elle sera détectée comme un signal actif précis à 100%. 22 ne sachant pas le faire... Je pense que tu vois le problème, n'est-ce pas ?

Il soupira un peu avant de reprendre.

- On ne peut pas les traquer avec précision depuis nos bases. Le tandem que nous avons envoyé est notre seul moyen de les pister au plus proche, et il faut croire qu'ils ont enfin pu mettre la main dessus.

Je savais nos radars peu efficaces, mais nous n'avions pas le choix. On avait à peu près en permanence la localisation de certains de nos membres clés ainsi, dont un des deux fuyards de notre Ordre, si on omet 22 et 21. Au moins, 21 était cuit, Cute de même. Restait cela dit à savoir s'il avait des informations sur 22...

- Cela m'épuise néanmoins que 22 reste introuvable, bien que le radar la stipule dans le même radius que son frère... Un truc ne tourne pas rond. Mais je percerai bien ce mystère moi-même s'il le faut. Ce n'est juste... pas ma priorité, actuellement. »

Il confirma indirectement au moins qu'il ne savait rien de la position réelle de Shade, ce qui m'arrangea. Moi non plus à vrai dire, mais si je devais m'expliquer à mes supérieurs, je n'étais pas fautif : seuls lui, Wynn et Sparker l'étaient. Je m'en lavais les mains de savoir qu'il allait se prendre une colossale rouste s'il venait à échouer.

Il m'invita alors du regard à partir vaquer à mes occupations. Je le saluai alors avant de repartir dans mes quartiers personnels, avec une certaine personne m'attendant ici. Une fois arrivé, une demoiselle masquée aux courts cheveux et aux yeux jaunes m'accueillit avec un fin sourire. N°56 était impatiente que notre mission continue. Celle qui avait survécu au « Génie de la Mort » était toujours prête à servir nos intérêts.

« - Tu ne le lui as rien dit de plus, pas vrai ? Je vais finir par croire que tu aimes mes coups de fouet...

Je frissonnai un peu tout en gardant ma posture.

- Bien évidemment que je me suis tut. Les plans de mon Maître sont toujours en marche et se profilent vers la direction qu'il désire. Même si j'ignore pourquoi il veut qu'on laisse 22 mettre le souk partout où elle passe, il a ses raisons que j'ignore. Patientons donc, ma belle.
- Ne t'en fais pas Amalric. Tu sais très bien ce que le destin a réservé pour Tetra, si nous nous en tenons à ce qu'a dit notre Maître... »

Un doux rire cristallin s'échappa de sa bouche. Oh que oui, son destin était tout écrit et tracé. Le fin mot de l'histoire était connu chez notre Maître depuis cinq ans maintenant. Il ne nous restait simplement à savoir quelle serait l'heure du jugement. Et de ce que je pressentais, ça n'allait pas tarder.

*****


Point de vue de Marik.


Je venais de revenir, à moitié furieux dans notre base de fortune cachée au milieu de nulle part non loin du Mont Lanakila. À mon retour, la vision de Steven et de sa Gardevoir passant leur temps à surveiller les environs aux cotés de Kaos, tapi dans l'ombre, depuis des buissons me tracassa un peu. Mais pas autant que ce que j'allais voir : le regard de Jason fusillant Shade d'une telle colère comme je n'en avais jamais vu auparavant. J'étais aussi furax contre elle pour sa fuite en quête de réponses à son sujet, de ce que j'avais pu comprendre provenant d'Amalric.

Ce dernier avait progressé depuis notre dernier affrontement. Il n'était plus le même pouilleux que j'avais tabassé la première fois que je l'avais croisé, après avoir retrouvé ma liberté. Une machine de guerre et visiblement capable d'utiliser ces capacités maudites sans pour autant être infecté. Son sang était pourtant rouge, tout ce qu'il y avait de plus normal... Qu'avait-il fait pour détenir ça ? Une grosse question qui restait en suspens dans ma tête.

Jason ne perdit pas de temps pour se concerter avec Shade en la prenant par l'épaule sous mon regard. Je m'assis donc dans ma chambre, attendant pendant quelques minutes qu'il revienne. Johnson et Stoecheio ne tardèrent pas à venir me voir, avec un air inquiet.

« - Elle est en train de se prendre une volée verbale, même moi je n'avais jamais vu Johnson subir une telle soufflante, commença la fille aux feux follets, tout en prenant soin des blessures au torse de ce dernier.
- Je n'en reviens pas non plus, ajouta l'adolescent. Mais honnêtement elle l'a cherché cette conne, il lui est passé quoi par la tête pour qu'elle nous fasse courir un risque aussi gros ?

Je soupirais, las et connaissant déjà la réponse. Peut-être était-il risqué d'y répondre mais il valait mieux être transparent envers eux, surtout envers Johnson. Cacher certains secrets à Shade avait mené à cette débandade et je n'avais pas du tout envie de voir un incident similaire se reproduire. Passant ma main sur mon bras recelant l'artefact maudit qui m'avait pris comme hôte, je plantai mon regard dans celui de Johnson.

- Elle cherche des réponses. J'ai longuement passé des années à sillonner pays et no man's land pour trouver les miennes et aujourd'hui encore, je cherche ces dernières. Avoir refusé à Shade certaines discussions était pour son bien, mais je crains avoir déclenché quelque chose en elle l'ayant poussé à partir obtenir ses réponses elle-même avec la bibliothèque d'à côté. Je doute qu'elle pensait qu'Amalric, N°60 allait être là ce soir...

Stoecheio passa quelques bandages sur mes blessures que j'avais subies. Son aide était appréciable, le soin de 21 ne pouvant pas tout guérir si aisément. Il fallait d'ailleurs que j'évite d'en discuter avec eux au sujet de ce dernier...

- Ouais enfin, répondit-il en soufflant du nez, y a vouloir des réponses et pas faire la pétasse non plus, elle aurait vendu notre position pour des réponses la connaissant.
- Tu ne sais rien de Shade, fais-moi confiance. Probablement car je suis là, elle n'aurait pas osé le faire.
- Et t'en es sûr à quel point, mec ? Questionna le jeune homme au casque en me regardant.

Je marquais un temps de pause, ne sachant pas quoi répondre. Devais-je leur révéler que nous nous étions connus dans un passé lointain ? Surtout de notre relation ? Pas même Shade ne semblait s'en souvenir. Un choix cornélien s'offrait donc à moi. Soit feinter l'ignorance mais cela viendrait à mentir une nouvelle fois et connaissant l'instabilité de Shade, cela n'était pas préférable tout en me discréditant face aux deux ados. L'autre était de dire de but en blanc qui nous étions pour nous-mêmes, mais...

- … Shade était une camarade de classe, Johnson, avançais-je très prudemment. Nous fréquentions la même école. Je la connais bien.

Il allait dire quelque chose mais se tut sur l'instant, comme Stoecheio.

- Vous étiez amis ?! Elle le sait au moins ? Tu crois qu'elle s'en souvient ? Articula la jeune fille, surprise comme les deux autres, les yeux grands ouverts.
- Je l'ignore, répondis-je. Peut-être qu'elle le sait, peut-être que ça ne lui ait pas encore revenu. Je vous en conjure, ne lui dites rien tant que je n'ai pas confirmation d'elle-même qu'elle se rappelle de moi. Les seules douloureuses mémoires qu'elle a de moi ne sont pas des plus glorieuses...
- On t'écoute alors, je suis curieux là, fit Johnson, intrigué.

Stoecheio put sentir quelque chose de néfaste, je pus la voir frissonner.

- Elle m'a infligé les expérimentations que tu étais à ça de subir, Johnson. J'ai lu des choses à ton sujet quand j'étais en fuite – les deux frères et sœurs que tu honnis ont failli te capturer à deux reprises, n'est-ce pas ?

Johnson croisa les bras, le regard se faisant sombre et comme empli de regrets. Il hocha néanmoins la tête, sans pour autant daigner dire un mot à ce sujet. Je pouvais le comprendre, ça le hantait toujours.

- Il y a bien pire que j'ai vu d'elle. Je peux t'assurer une chose, je comprends aujourd'hui encore ses peurs d'elle-même et sa tristesse envers toi, mais je peux acquiescer sur le fait que tu refuses de lui pardonner.

Il hocha une nouvelle fois sa tête et bien que je m'attendis à du mépris, il fut plus mesuré dans ses propos.

- Donc vous deux étiez dans la même classe, et elle t'a chopé après avoir été capturée... Je commence un peu à saisir que ce n'était pas vraiment elle mais combien de gens elle a buté ? Et surtout, combien de cas comme toi ont été corrompus par un parasite ? Je ne devrais pas lui en vouloir à cette conne, mais je ne peux pas dissocier cette image de la vraie elle. Shade est une tueuse, un monstre sanguinaire, qu'est-ce qui me fait pas croire qu'elle peut rechuter ? Tant de questions dont je n'ai pas de réponses... Je sais que tu es un cas différent, mais tu es stable, toi. Elle, certainement pas.

Je secouais un peu la tête.

- Disons que c'est ma propre faute quant à ma capture, bien que je ne peux pas trop expliquer pourquoi, nuançais-je.
- Dis pas de conneries, coupa-t-il sèchement. Jamais ça ne pourrait être ta faute. On n'a pas choisi de subir ces saloperies et si on pousse la chose plus loin, Shade a tout aussi été victime d'abus et de choses atroces.
- Au moins tu t'assouplis un peu envers elle, souligna Stoecheio avec un petit sourire. Même toi, tu n'es pas si cruel au fond !

Il souffla un peu en croisant ses bras, secouant sa tête avec une once d'aigreur dans ses paroles.

- Va pas croire que je lui pardonne quand même, râla-t-il.
- Y a bien un début à tout, John', tança son amie, avec un fin sourire.
- Oh boucle-la fumette, tu vas voir de quel bois j'me...

Johnson alla continuer sa réflexion, mais soudainement, la porte s'ouvrit brutalement. Jason arriva d'un coup en trombe dans la pièce, décoiffé au possible et visiblement irrité à son paroxysme, ce qui me fit me lever d'un coup. Sa veste militaire était déchirée à quelques endroits et au vu de ses vêtements, elle y avait fait ses griffes. Ça ne me rassurait pas du tout...

- Marik. Dans sa chambre, je te prie. » Posa-t-il, d'une voix teintée de lassitude et à la fois de colère.

Je me levai alors, comprenant bien ce qu'il désirait. Seul moi pouvait réellement essayer de raisonner avec Shade dans ces situations. Et si jamais ça ne venait pas à fonctionner, il me restait quand même une dernière solution que je ne désirais pas vraiment appliquer. Serrant les bandages autour de mon bras blessé et entourant mon torse de bandes médicales, je m'approchai avec une certaine anxiété de la chambre de cette dernière. Un fort pouvoir y émanait. Je n'avais que deux craintes à son sujet et j'espérais fortement qu'aucune ne se soit réalisée depuis son retour...

Je tournai la poignée de porte, prêt à observer ce qui m'attendit ici. Une femme prostrée sur son lit, les yeux livides et des cheveux complètement ébouriffés. Elle était furieuse, et ça pouvait se sentir. À la seconde où elle tourna sa tête vers moi, je décidai de rester impassible face à elle, attendant qu'elle entame la conversation d'elle-même. Nous avions tous les deux commis des erreurs mais je pouvais les assumer et me faire pardonner à ma façon. Pas elle. Irréfléchie comme elle était, je me devais de m'attendre à tout.

Elle s'approcha de moi, peinant à atteindre ma hauteur de par sa plus petite taille. Son regard sanglant se planta dans le mien, furieuse.

« - Te revoilà, Marik, fit-elle d'une voix cassante.

Shade ne prononça rien de plus, m'auscultant longuement sans pour autant dire quoique ce soit pendant une longue minute.

- Tu vas faire comme Jason et me sermonner ? Me tancer avec tes remarques comme quoi je n'ai fait que des conneries ?

Sa voix semblait différente. Comme si une seconde voix parlait en même temps, mais cela ne me rappelait qu'un mauvais souvenir ainsi qu'une lugubre connaissance...

- Tu n'as donc rien à dire ? Plus de choses à me cacher, encore et encore ?

Je ne répondis rien. J'attendais à ce qu'elle comprenne ce qu'elle venait de faire mais elle ne paraissait pas vraiment sur le point de saisir la gravité de la situation. En y repensant au plus profond de moi-même, c'était presque un miracle que ni la Police, ni l'Ordre ne nous avaient débusqués.

- ...

Elle tourna la tête vers le lit avant d'un seul coup, sans même prévenir, me coller une gifle qui me fit ciller sur le côté. Doucement, petite froussarde...

- Combien de choses me caches-tu, Marik ? COMBIEN DE CHOSES VAS-TU CONTINUER A ME DISSIMULER ? Hurla-t-elle, folle de rage.

Sa rage commença à exploser, mais je ne fis rien. Ses yeux étaient luisants comme des étoiles, comme si son énergie ne demandait qu'à être libérée. Elle en remit une seconde, le son de la claque résonnant dans la pièce. Ses yeux se mirent alors à luire d'une forte lueur cramoisi. Elle n'allait pas utiliser qu'une simple gifle à la prochaine attaque et je le voyais bien venir.

- Tu es EXACTEMENT comme les autres, sale-

Elle alla me frapper au visage avec Draco-Griffe, et je bloquai d'une main son bras approchant de mes yeux. Sa stupeur fut telle qu'elle ne bougea plus quelques secondes, avant de tenter de forcer sur sa force sans succès.

- Je sais que tu as lu dans mon esprit hier après-midi. Est-ce que tu te rends compte une seconde de ce que tu as fait, Shade ?

Je savais qu'elle allait vouloir se défendre et riposter, aussi préférais-je lui mettre un coup de genou dans l'estomac la faisant perdre son équilibre, avant de stopper toute tentative de riposte avec Cage-Éclair. Elle fut paralysée contre le mur, se démenant pour sortir de sa petite prison. Je m'approchais alors d'elle, soulevant son menton ainsi que ses cheveux révélant un visage colérique cachant au fond d'elle bien autre chose, à en juger ses larmes au bord de ses yeux. Des larmes noires ruisselèrent aussi sur son visage, signe que le poison rongeant son corps était encore présent en elle.

- Shade, as-tu la moindre idée de ce que tu as risqué pour des mensonges ? Temporisais-je, gardant dans ma main droite une attaque en cas de pépin.
- Pourquoi ne rien me dire, Marik ? Pleura-t-elle entre deux sanglots, l'air haineuse et à la fois anéantie. Pourquoi...

Sa question, bien que bénigne, me planta là. Je ne savais pas quoi lui répondre sans courir un grand risque. Toutes ces années que j'avais pu la côtoyer, je ne pouvais pas me permettre de lui livrer de telles réponses maintenant. Une telle révélation de ce qu'elle est vraiment serait catastrophique... et risquerait bien d'être la fin de notre petite escapade à l'heure actuelle. Sans parler de ce que m'avait révélé Jason à son sujet... Comment pouvait-il être au courant de ça ?!

- Shade, regarde-moi s'il te plaît, dis-je fermement, avec une once de douceur dans ma voix.

Elle leva sa tête alors vers moi, un air proche de la pitié empli de miséricorde se profilant face à mon visage. Sans pour autant demander quoique ce soit, elle rétracta ses griffes avant de se calmer et de se rasseoir, mi-tétanisée mi-agacée.

- Marik, j'aimerais juste mes réponses, comme toi tu désires les tiennes. Pourquoi je ne peux pas y avoir le droit ?

Je secouais la tête.

- J'ai été idiot de te cacher certains détails, mais je ne peux pas non plus te dire certaines choses, fis-je de façon apaisante en dissipant mon attaque.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle une nouvelle fois.

Je m'assis alors à côté d'elle, posant ma main sur la sienne alors qu'une paire de têtes se profila au travers de la porte : Johnson et Stoecheio étaient visiblement curieux. Jetant un regard à Shade, elle comprit que je voulus savoir si leur présence dérangeait. Elle me répondit alors simplement en secouant la tête et qu'elle semblait prête à parler en leur présence.

- Tu sais ce que tu es, Shade, pas vrai ?
- Euh... Une hybride de Latias, c'est ça ? Fit-elle, sans comprendre ma question.

J'agitais mon index de gauche à droite.

- Non. Je voulais en venir au sujet de ce que tu es par rapport à l'Ordre.

Elle se mura quelques secondes dans le silence. Toute son assurance qu'elle avait visiblement retrouvé avait disparu. C'est comme si j'avais fait affaire à deux différentes personnes. Serrant délicatement sa main, elle s'apaisa un peu plus avant de répondre à la question.

- Deuxième évadée de l'Ordre après toi, il me semble...

Bien sûr, cela n'était pas entièrement vrai, mais c'était suffisant pour moi ainsi que les deux autres. Ils ne connaissaient pas les deux premiers évadés, c'était pour le mieux actuellement.

- Cela signifie que je suis passé par ton chemin aussi avant toi, Shade. Tout comme toi, je désirais moult réponses à mes questions une fois que je me suis libéré de cette chose. Elles n'ont pas forcément eu la réaction escomptée, c'est pourquoi je me maintiens prudent avec toi. Je ne veux pas revoir ce que j'ai vécu pour toi.

Elle pencha sa tête légèrement, probablement surprise de ce qu'elle entendait. Je continuai alors, sous le regard attentif de Johnson et intrigué de Stoecheio.

- Tu sais, y a des choses qui ne seront pas agréables quand tu les reverras dans ta tête. Les crimes, massacres, exactions que tu as commises, mais aussi les mémoires que tu retrouveras te briseront lentement. À vouloir tout retrouver, j'y ai perdu une partie de moi-même.

Elle ne dit rien, prenant un air accablé. Johnson croisa ses bras en se tenant contre une armoire, tandis que la fille aux feux follets parut pensive en regardant d'un air songeur son ami.

- Si jamais, je peux te donner quelques réponses si vraiment elles te sont nécessaires, mais...

Elle se redressa un peu, avant de me regarder dans les yeux comme si elle voulait me dire quelque chose, avant qu'elle ne me prenne de vitesse Quelle ironie...

- Collège Watanabe, 2ème année, Classe 8. Je me souviens de ces quelques mémoires, elles hantent mes rêves dès que je m'endors. La seule chose que j'y vois, c'est toi qui cache mes yeux en criant mon nom, mais il reste constamment comme inaudible.

Il y avait là-dedans un bon espoir que tout rentre dans l'ordre si elle se souvenait au moins de ça. Elle se souvenait donc d'une partie de son enfance, aussi petite soit-elle...

- C'est bon signe. D'autres choses ?

Je pus la voir frissonner d'un seul coup, son regard se faisant évasif.

- Je me vois t'injecter ce parasite... Je vois les flammes dévorer ma maison en boucle, Wynn tuer ma famille, et...

Je posais ma main sur son visage, mon index sur ses lèvres avant de la prendre contre moi sans attendre la suite. Je pus entendre ses sanglots contre moi pendant que j'essuyais ses larmes avec mes mains. Je ne voulais pas vraiment qu'elle se fasse du mal ainsi, son état étant déjà peu stable. Johnson n'en parut pas indifférent, son regard se faisant bas. Je m'attendais à presque tout avec lui mais à ma surprise, il serra son poing sans pour autant répondre avec une pique acerbe dont il avait l'habitude.

- Ne laisse pas ces souvenirs te hanter. Sois plus fort qu'eux.

Stoecheio vint parler et articula ma pensée à ma place, brisant le silence qui s'était installé.

- Je ne t'en ai jamais voulu malgré tout, Shade, continua-t-elle avec une voix douce. Nous avons nos raisons d'être distants ou non avec toi, tu sais ? Mais je sais très bien que tu luttes chaque jour pour ne pas rechuter. Je suis sûre que... qu'un jour on trouvera une solution.

Shade posa son regard sur elle, l'air perdue.

- Je ne sais même pas ce que je t'ai fait, petite... Je me souviens bien de ce que j'ai fait à Marik, à Johnson, mais pas à toi. Je suis désolée si...
- Non, tu ne m'as rien fait, ce n'était pas toi. Mais l'Ordre a fait des choses sur mon corps...
- Ainsi qu'au mien, interrompit Johnson. Bien que je ne me sois jamais fait capturer par l'Ordre, j'ai perdu mon œil et une partie de mon être quand je t'ai affronté moult fois. Je t'en veux... enfin, non. Je comprends un peu mieux, c'est contre ce foutu parasite que j'en ai.

Les deux s'étaient ouverts quelque peu ce qui me fit plaisir intérieurement, tout en apaisant la situation. Shade elle-même semblait basse, avant de se relever et de regarder Johnson droit dans les yeux.

- Jamais je ne laisserai ce monstre reprendre le dessus. Je ne veux pas que ces choses arrivent, et je continuerai à me battre même si je dois mourir. Ces souvenirs me hantent malgré tout...
- Alors trouve la force d'avancer. Tu as envie de voir Marik sur une table encore une fois ?

Un air sanglant s'empara de Shade et le cri de rage ne se fit pas attendre.

- JAMAIS ! TU M'ENTENDS ? JAMAIS !

Il ne cilla pas mais pour une fois, il était en train de soutenir son regard. Même si le courant passait pas entre les deux, malgré tout ce qu'il avait dû traverser, il semblait enfin la respecter.

- Ouais, bah commence à pas faire l'attardée à filer comme ça la nuit hein ? Qui va te gueuler dessus après ?

Elle trembla un peu avant de baisser la tête, comprenant enfin son erreur.

- Je n'ai pas vraiment d'excuse pour ce que je vous ai fait traversé ce soir... Je suis désolée. Je pensais trouver des réponses en me rendant là où nous étions l'autre jour, je ne m'attendais pas à tomber sur N°60...

Nos regards se croisèrent tous. Je connaissais bien 60. Mais eux, pas tant.

- 60 est celui qui a formé Shade, répondis-je. Et elle m'a formé aussi après ; lui, parachevant seulement ma formation à la fin. C'est un menteur doublé d'une crapule qui se cache derrière le voile de ce qu'il appelle la Vérité Vraie avec deux grands V. Il n'est qu'un idiot. Qu'a-t-il dit au moins ce soir-là ?

Shade parut dégoûtée, en se tenant contre un mur.

- Il m'a dit que vous mentiez aussi. Que Jason me cachait des choses pour faire de moi son arme, comme les Entités ont fait de moi un monstre. Et surtout, qu'il n'y avait pas de remède...

Ma mine se fit plus sombre. Je n'aimais pas ça du tout – et je doute qu'un mensonge envers Shade allait fonctionner. Je n'avais pas l'assurance qu'elle ne lise pas dans mon esprit une nouvelle fois et je ne voulais pas courir ce risque. Je devais être honnête avec elle, sans pour autant trop en dire.

- On est tous le menteur de quelqu'un. Pour 60, nous mentons constamment pour te protéger. Pour nous, il te ment simplement pour te faire prêter allégeance à son Ordre une nouvelle fois.
- Et le remède ? Pitié dis moi qu'il y a bien une possibilité...

Je pris une inspiration tandis que Johnson et Stoecheio semblèrent perplexes au vu de mon regard.

- Il n'y en a pas actuellement et les recherches stagnent, comme tu peux le voir. Même avec la mission qu'on lance dans deux jours, il est très probable que cela ne fonctionne pas non plus. Pendant des années, j'ai cherché un remède avec des connaissances éminentes en la matière sans pour autant avoir d'informations concluantes à ce sujet. Le seul vrai remède que j'ai actuellement pour lutter contre des rechutes est simple. Travailler ton esprit et résister au sinistre appel de ce foutu parasite en toi. S'il agit à nouveau et tente de reprendre l'ascendant, tu dois l'empêcher quoiqu'il arrive de regagner le contrôle de ton corps.

Je marquai un temps de pause.

- Il y a toujours eu un remède pour tout maux, Shade. Ne sois pas désespérée.

Johnson hocha sa tête tout comme son amie. Shade quant à elle, resta immobile un moment, avant de sourire doucement, paraissant plus compréhensive de la situation.

- … D'accord Marik. Je continuerai cet entraînement alors.
- Ravi de l'entendre, répondis-je.

Jason interpella plusieurs fois les deux adolescents avant que ceux-ci ne se lèvent. Ils ne se firent pas prier, non pas sans que Johnson jette un dernier regard à nous deux, un air dubitatif malgré tout mais plus confiant et serein. Une fois les deux partis, Shade regarda une nouvelle fois mes yeux, avant de baisser sa tête légèrement.

- Je suis désolée d'avoir lu tes pensées, Marik. Je... Je n'ai pas réfléchi, je voulais juste-

Je posais mon index sur sa bouche une nouvelle fois.

- Ne lis pas ce que tu vois là-dedans. Il y a trop d'horribles choses. Deux fois de trop, tu le sais bien.
- Mais je ne l'ai fait qu'une fois Marik... Après la petite réunion, c'est tout.

Elle me planta là, surpris. Pardon ?! Mais si ce n'était pas elle qui avait écouté aux portes avant de filer peu après mon appel avec Jason et les trois autres chefs... qui m'avait sondé ?

- Tu vas bien Marik ? Tu sembles pâle...
- Non, que dalle, coupais-je, juste que tu m'as surpris là. Je pensais que tu avais fait ça deux fois.

Elle secoua la tête.

- Une fois seulement.

J'avais donc à creuser un peu plus en détail, bien que cela ne laissait qu'un seul choix possible.

- Bien, allons voir Jason dans ce cas, tentais-je pour noyer le puits. Faudrait quand même que tu t'excuses aussi contre celui qui t'a accepté ici.
- O-oui, bien sûr. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai laissé la colère prendre le dessus...
- Au moins, tu t'en rends compte. C'est un bon début.

Je marquais un temps de pause avant de lui poser une dernière question.

- Shade, par ailleurs, rien d'anormal avec ton mental dernièrement ?

Elle se figea quelques secondes, avant de répondre en haussant simplement ses épaules.

- Pas vraiment. Tout va relativement bien... »

Je ne savais pas si elle me cachait des choses ou pas une nouvelle fois mais au final j'en cachais aussi, que pouvais-je vraiment dire ? Si elle avait vu des souvenirs qu'elle n'avait pas mentionné en fouillant mon esprit, elle pourrait les utiliser contre moi. J'avais commis quelque chose d’irréparable en prenant cet artéfact et j'en avais payé le prix fort. Autant ne pas poser plus de questions pour le moment.

J'avais donc quatre tâches à faire. Primo, me préparer pour cette mission et donner une leçon finale à ce faux prophète d'Amalric. Deuxio, je devais m'assurer que rien n'arrive à Shade. Tertio, buter cette partenaire qui ne voulait pas crever. Et quatro, trouver une raison à laquelle pourquoi ce bougre d'abruti d'humain qu'est Steven désirerait acquérir des informations via Miranda. Il n'y avait qu'elle pour lire des pensées, et ça ne me présageait rien de bon, surtout avec ce que je savais sur lui. Que Jason le laisse malgré tout ici était une aberration sans nom.

*********


Après de longs mois sans chapitre, le 26ème est enfin présent.
Les combats houleux font place à une petite mise au point et à une rouste bien méritée pour un certain côté. Certaines questions demeurent toujours en suspens, pendant que d'autres se profilent...
L'Arc 1 s'approche lentement de sa fin, peut-être vais-je enfin y arriver cette fois avant la fin de l'année. :p

Merci encore de m'avoir lu. On se retrouve plus tard pour le chapitre 27 !
0
erwannyeb
Joueur
115 messages
25/01/23 à 12h58
Pwah lecture en retard pour ma part mais quelle dinguerie !
0
heero
Joueur
540 messages
29/01/23 à 23h43
Quoi, personne n'a quelque chose à dire sur ce chapitre à part erwann ? Il est pourtant intéressant.
Si vous saviez le temps que ça prend de l'obliger à faire des modifications xD
Bref, bump, lisez le bon sang !
0
AnigmA
Famous
2900 messages
30/01/23 à 10h50 (Edition : 30/01/23 à 11h12)
Chapitre 27 – Fuite Précipitée


Point de vue de Nokath.


« TU TE RENDS COMPTE CINQ SECONDES DE CE QUE TU VIENS DE FAIRE ? »

La voix sifflante de la demoiselle feuillue ne manqua pas de m'accueillir avec tous ses plus grands honneurs. En même temps, je comprenais. Je le méritais, je l'avais cherché. Ayant un air abattu, je détournais un peu le regard, essayant vainement de m'excuser.

- Je voulais juste...

Elle me gifla soudainement, avant de me plaquer contre le mur, sa Lame-Feuille prête à partir vers ma gorge ce qui me fit peur, surtout venant d'elle. Sa main me tenait par le col et son regard était similaire à celui qu'elle réservait à ses victimes humaines.

- Tu as filé droit vers l'ennemi, qui a pu voir cette attaque ! Et tu as osé revenir, crétin ! On est recherchés, tu as complètement oublié ça aussi, enculé d'écervelé ? Tout ça pour ta foutue sœur ?

Je tentai de répondre en la repoussant, sans pour autant y arriver.

- De toute façon, je t'ai déjà dit que cela n'était pas un endroit sûr, et que c'est qu'une question de temps avant qu'ils nous trouvent...
- Quand bien même bougre d'imbécile, essaie de gagner du temps ! Maintenant ça ne va pas être possible, ils vont sûrement envoyer leurs escouades pour nous retrouver et...

Une voix caverneuse fit irruption dans notre discussion, nous surprenant tous les deux avant que je comprenne de qui il s'agissait. Une ombre se profila au-dessus de moi alors, avec de doux yeux bleu marine, nous toisant tous les deux. La Phyllali de Cute parut comme apeurée par sa présence et n'hésita pas une seule seconde à dresser sa queue en la faisant luire, préparant une attaque.

- Cela ne se produira pas, fit-il d'une façon apaisante.

Cute recula un peu en me lâchant le col, braquant son âme vers lui à la place cette fois. Elle ne perdit néanmoins pas son sang-froid, gardant un calme impassible.

- Qui... es-tu ? Commença-t-elle, presque surprise.
- 21. Le parasite en Nokath. Je pourrais très bien reprendre le contrôle sur lui dans la seconde mais je m'amuse un peu de la situation entre vous, et je n'en ai pas vraiment grand intérêt.

Je ne pus m'empêcher de paraître un peu effrayé de lui. Je ne sais pas si... Shade avait la même chose mais le mien me faisait un peu peur sans pour autant désirer me faire du mal. Il me laissait simplement faire, se lamentant qu'il ait cependant perdu le contrôle sur mon âme en de rares occasions.

- P-pourquoi tu ne reprends pas le contrôle sur moi ?
- C'est ma sœur que je cherche à revoir, je n'ai pas vraiment besoin de reprendre ton corps. Enfin, pour le moment.

J'arquai un sourcil.

- … Tu veux dire ma sœur ? Shade ? Articulais-je, désarçonné.
- Non, ça c'est ta sœur. Je parle de la mienne. 22.

Cute et moi se dévisagèrent d'un coup, comprenant bien ce qu'il voulait nous dire ce qui ne manqua pas de nous faire exclamer de surprise.

- Vous êtes une fratrie ?! Pardon ?
- Oui, ma chère Cute, répondit-il avec amusement. Leur sinistre plan concernant ton injection fut particulier : les deux souches parasitaires qu'ils avaient en stock ont été produites en même temps. De facto, il s'agit donc de ma sœur.

La jeune femme s'adossa au mur en dissipant sa lame, visiblement en train de digérer ce qu'elle venait d'entendre. Elle se prit le menton alors que sa Phyllali se lovait dans ses bras.

- J'ai bien fait de pas rejoindre ces bases de dégénérés, souffla-t-elle. Mais ça ne change pas le problème. Vous êtes deux indésirables et l'autre crétin vient de revenir d'une escapade où il a bien préparé ses entrées en scène, pas vrai ?
- Écoute, ils m'ont pas vu. Y a aucun risque, tentais-je, pour calmer le jeu.

Elle secoua sa tête en soufflant de plus belle. 21 se posa sur mes épaules en observant les lieux l'entourant. Il ne pesait rien du tout, ce qui me surprit tout autant.

- Eux, peut-être. Par contre les journaux relayent ces informations depuis des heures maintenant, et je mets ma main à couper qu'ils savent très bien qui a pu faire ça.

Je ne pus faire autre chose que la moue. Passant ma main dans mes cheveux, je comprenais bien que j'avais merdé, mais je ne pouvais pas résister à cet appel. C'était ma sœur ! J'étais prêt à tout pour la protéger, même si j'avais échoué comme à mes 13 ans...

- Elle dit vrai, idiot, enfonça 21. Tu t'es jeté dans un combat qui n'était pas le tien. Ton corps m'intéresse toujours alors ne va pas mourir comme un imbécile.
- Tu peux toujours te garder cette idée au fond d'où je pense, je retrouverai ma sœur et on trouvera tous les deux un moyen de se débarrasser de toi.
- Ha, et avec quoi ? Il n'y a pas de remède. Tu vas juste lutter quelques minutes avant de céder. Ton mental est si fragile qu'il ne me suffirait d'un rien pour t'écraser dans ma paume.

Cute s'interposa alors, une Éco-Sphère dans la main cette fois.

- Il ne va pas y avoir de re-possession ou quoique ce soit tant que je suis là, la traînée. Lui est un hybride, toi un démon. Je peux encore te tuer si l'envie me prend, vermine nocturne alors tiens bien ta langue de vipère !

Il parut presque amusé de ma réaction mais abdiqua sans en redemander plus, laissant un rire percer la discussion avant de disparaître en moi à nouveau.

- Ohhh, pauvre de moi. Au revoir, Cute.

Je le savais bien dangereux malgré les paroles qu'il prêchait même si pour le moment, il m'avait laissé mon libre-arbitre et quelques souvenirs intacts... Reprenant mon sang-froid, je m'assis alors dans le canapé, laissant la petite Phyllali revenir sur mes jambes un moment, ce qui visiblement agaça Cute de plus belle.

- Oh espèce de voleur ! C'est ma petite fripouille ! Vire de ses jambes !
- Llali...

Elle s'apprêta à dire une chose, avant de rougir, puis d'exploser de plus belle dans une tirade d'insultes toutes dirigées vers moi. Je n'avais pas du tout compris ce qu'elle avait dit, mais il me semble que le simple fait de me défendre était suffisant pour qu'elle pète un câble. Je sais que j'avais mené la vie dure à Cute depuis quelques jours, mais quand même...

- Alors tu viens dans ma baraque, tu me files une clé cryptée à décoder parce que t'es un attardé incapable, tu me forces à me déguiser en humaine et à côtoyer ces raclures inférieures, tu souffres de cauchemars ce qui me force à te prendre sur mon épaule comme une demeurée tout en te soignant comme une bonniche, et ta foutue pitié attire mon Pokémon à toi ? T'as pas honte, fumier ?

Jamais je n'avais vu un tel rouge pivoine sur les joues de celle qui m'avait aidé et honnêtement, ça me faisait peur. Je reculai un peu, essayant l'humour pour désamorcer la bombe face à moi.

- … E-eh si ça peut te rassurer, tes herbes m'ont remis un peu d'aplomb, t-tu sais !

Elle se tut sur le moment alors.

- … Tu essaies d'être drôle là ? Je préférais le parasite.

Je haussais simplement les épaules.

- Je ne sais pas vraiment comment l'être. J'ai seulement les bribes de souvenirs qui reviennent.
- Urgh, de quel genre ?

J'allais essayer de répondre, mais je ne puis continuer sans me sentir terriblement effrayé. Les douloureuses mémoires qui m'avaient été rendues me faisaient mal au cœur en permanence. Le message de l'hologramme, ma rupture des liens de ce monstre... Ces deux incidents avaient au moins pu me permettre de retrouver une grande partie de ma mémoire. Ma famille exécutée, les expérimentations sur moi et ma sœur, les nombreux meurtres et assassinats, et cette foutue mission...

- L’Éclipse. La région d'Oswell et l'Opération Dangeresque. Je me souviens de tout ça en détail maintenant. C'est donc ça que tu parlais à Molène l'autre jour et que tu me cachais.

Ses yeux s'écarquillèrent à la mention de ce passé. Elle ne dit alors plus rien pendant quelques secondes qui parurent des minutes. D'angoissantes minutes qui me firent comprendre que mes craintes étaient justifiées : elle savait et avait préféré me le cacher. Elle parut gênée. Lisant dans ses pensées, je pus comprendre : des remords et une crainte de représailles.

- J'ai fait ça pour ton bien, Nokath. Je suis désolée.

Sa voix trahissait une peur intense. Elle ne témoignait pas cette émotion envers les humains ou ses collègues. Mais là, elle fut comme effrayée. À en juger comment certains pouvaient réagir au quart de tour elle ne fut que peu rassurée. Sa tête fut un peu basse, attendant ma réponse. Je posai alors ma main sur son épaule, essayant de lui sourire aussi difficile que cela fut pour moi, entre deux larmes perlant mes joues.

- N'ait pas peur de moi. Je ne peux pas t'en vouloir. Ces visions sont terribles...

Son regard s'écarquilla à nouveau, avant qu'elle ne tente de me gifler ayant compris que j'avais lu dans ses pensées, tremblant légèrement.

- Vas-y. Je le mérite bien.
- Ne lis plus mes pensées espèce d'abruti...

Elle passa sa main sur mon épaule, comprenant son erreur tout en reconnaissant la mienne. Le fait qu'elle comprenne que je ne lui en voulais pas leva comme un poids sur elle.

- Faut que t'arrêtes d'avoir peur des hybrides quand même Cute... »

La petite Phyllali se jeta dans ses bras alors, caressant sa joue avec sa tête. Elle lâcha un sourire des plus sincères, ce fut la première fois que je pus enfin voir d'elle sa part d'humanité qu'elle avait. Une part d'elle qu'elle refusait de montrer aux autres. Elle n'en demanda pas plus avant de simplement s'asseoir à mes côtes, ses cuisses envahies par son Pokémon qui s'allongea dessus sans plus attendre.

D'un simple regard je pus comprendre... enfin, je pense que je pouvais comprendre Cute autant qu'elle pouvait en savoir sur moi. C'était une femme toujours pleine de haine envers une race qui lui avait pris sa famille. Et moi j'étais plein de rage contre ceux qui avaient pris la mienne. Nous n'étions au final pas si différents, même si je ne pouvais pas accepter de tels actes odieux. Ayant pu observer pendant de longues années son modus operandi, je n'étais pas convaincu que j'allais la faire changer ainsi mais si au moins je pouvais l'aider à l'orienter vers une voie plus juste que la simple vengeance... J'étais prêt à l'aider.

« - Je ne veux pas partir d'ici, se lamenta-t-elle d'un coup. Mais je crains que le temps ne nous soit compté...

Je me pris le menton, réfléchissant à la gravité de la situation un peu plus en détail.

- Si des évadés se pavanent dans la nature mais qu'ils ne sont pas dangereux... Peut-être peuvent-ils envoyer des unités mais ça me semblerait con de faire ça quand Shade est la priorité.
- Je veux bien te croire mais je pressens qu'ils vont te donner tort juste pour ne pas se ridiculiser un peu plus. Trois évadés en une semaine, si j'étais ce démon d'acier ambulant, je serais toute autant en train de criser...

Je haussais les épaules, n'ayant pas vraiment peur de ça.

- Si jamais nous sommes forcés de fuir, je pourrais toujours te porter et t'emmener en lieu sûr sur mes ailes. Ils ne peuvent pas me rattraper aisément, à moins que ce soit Shade ou N°55. Et on sait que les deux sont en fuite actuellement, je ne vois pas vraiment ce qu'on a à craindre.

Elle me jeta un regard désabusé, comme si j'avais l'air d'un abruti.

- On voit que t'es pas futé toi, fit-elle presque désemparée, ça t'a vraiment assommé cette #!$@*!! dans le cerveau mon gars.
- Hey !

Je me levai, irrité par sa réplique. Cela l'amusa un peu, la faisant même rire. Un doux son cristallin traversa la pièce, ce que la petite Phyllali apprécia.

- Ce que tu peux être drôle quand tu t'y mets quand même...

Je rougissais un peu mais je n'en répondis pas plus. Croisant les bras un peu dégoûté, je me contentai alors de filer vers ma chambre de fortune à l'étage, avant que quelque chose ne m'interpelle. Observant au travers de la fenêtre, je pus voir le temps d'une fraction de seconde des ombres bouger. Coupant les lumières dans les escaliers et me cachant, je fis une demande à mon parasite, parlant tout doucement.

- Tu peux observer la fenêtre et me dire si des choses bougent ?

Plutôt que de le faire, il me regarda au plus profond de mon âme avant de simplement répondre :

- Ta vue ne t'a pas trompé. »

Je compris alors ce qu'il voulut me dire. Il n'y avait donc pas de temps à perdre : ils étaient là. J'ignore qui se cachait autour de la maison mais je n'allais pas risquer de me faire capturer une nouvelle fois, d'autant plus que je ne désirais pas non plus que Cute traverse le même funeste destin qui me fut réservé dans le passé.

Je remontai alors pour reprendre ce qui m'appartenait en vitesse, avant de planer en retombant dans le salon où Cute était visiblement déjà en train de se préparer.

« - Cute, ils sont là.

Elle prit un carnet dans un bureau noir orné de décorations qu'elle prit soin de cacher dans ses affaires personnelles. Elle me jeta un regard plein de tension, ce qui accentua la situation.

- Je le sais. Quand je t'ai vu bouger, j'ai de suite compris. Va prendre mon arme dans mon placard, j'ai tout ce dont j'ai besoin, ou presque.

Je ne me fis pas prier. Elle chercha quelque chose d'un autre côté, avant de l'enfiler autour du cou : un collier verdâtre et pas des moindres selon le parasite qui s'agita immédiatement à sa vue. Il parla dans ma tête de choses que je ne compris guère, aussi bien décidais-je d'ignorer pour le moment ce qu'il voulait me dire. Il y avait une fleur faite d'émeraude attachée à ce collier.

Je fouillai alors ses affaires avant de trouver ce qu'elle voulait : une lance se finissant avec une lame ornée de bandes autour de la garde. Je ne savais pas ce qu'elle en faisait mais je n'allais pas contredire l'experte au combat rapproché. Revenant à elle, je pus voir qu'elle se préparait tant bien que mal à partir, ordonnant à sa Phyllali de rester près d'elle.

- La voilà. C'est quoi cette arme ? J'en avais jamais vu.
- Le guandao de mon père. Il s'était battu durant la guerre qui a opposé Oswell à Zorana il y a quelques années. C'était son arme de prédilection.

Je hochai la tête bien que le nom de Zorana ne me dit strictement rien. Je n'avais pas le temps de penser à ça, aussi décidais-je d'écouter ce qu'allait m'ordonner Cute.

- Je t'écoute, Cute. On fait quoi ?
- On éteint les lumières, et on attend. Fais-moi confiance. »

Elle se mit en embuscade, loin des fenêtres et derrière le canapé. Son pari était risqué car je compris ce qu'elle voulut faire : les attirer à l'intérieur pour une attaque éclair. Mais on ne savait pas qui pouvait être derrière la porte... Il fallait donc espérer que tout se passe bien. Avec son arme, elle se tint prête à tout assaut. Je pus sentir son stress et son anxiété mais malgré tout, elle n'en fit rien. C'était nous, ou eux après tout.

De longues minutes passèrent alors que le soleil ne se leva toujours point. Nous devions profiter au maximum de ce qu'il nous restait de la nuit. Le silence était d'or, seulement ponctué par notre respiration commune. L'espoir qu'ils se jetteraient sur nous ne faisait que s'amincir au fil des longues minutes qui nous paraissaient comme une éternité à attendre.

Mais alors que tout semblait vain, elle agita ses oreilles pour me signifier quelque chose avant de me murmurer quelques mots.

« - Les branches craquent. Ils approchent. »

Le silence reprit alors vite sa place avant qu'un fracas assourdissant perça définitivement la quiétude du lieu. Je gardai mon calme en sachant très bien qu'ils venaient d'entrer et que leurs pas se firent discrets.

« - #!$@*!!, j'espère qu'ils sont pas partis par une porte dérobée, on va encore passer pour des cons face à Zêta...
- Ton problème, Wynn, pas le mien. Boucle-là, je sais pas s'ils sont cachés ou non.

Si c'était Wynn, ça pouvait être dangereux. Elle était taillée pour les assauts contre notre race et j'ignorais qui pouvait être son acolyte tant que je n'aurais pas de visuel. Mais lever la tête aurait été un suicide : je devais faire preuve de patience. Cute semblait maintenant déterminée, le regard plein de colère.

Je pus entendre les pas d'une personne s'approcher de nous. Elle me jeta un coup d’œil, me faisant signe de faire quelque chose sans que je puisse comprendre, avant de lire ses pensées : je ne me fis pas prier en serrant mon poing.

- Qu'est-ce que...

L'homme qui accompagnait la femme ne put finir sa phrase en voyant le canapé bouger, avant que je ne l'envoie sur eux avec Psyko. Wynn démontra que ses réflexes étaient toujours au point en tranchant le meuble en deux avec Tranche-Nuit presque instantanément. L'homme riposta avec Tonnerre, que je bloquai en utilisant Lumi-éclat depuis mes yeux. Le choc des deux attaques permit à Cute d'en profiter pour se mettre en position, néanmoins irritée que le projectile n'ait pas fonctionné.

- Oh quel dommage, à un numéro près, fit la pétasse aux yeux rubis. Mais je me contenterais bien de toi petit fuyard.
- N'omettons pas sa partenaire de crimes voyons, Lady Plum si je puis me permettre, votre profil ne m'est pas inconnu. Ravi de vous rencontrer., fit Sparker, faisant une courbette.

La tension était palpable. Cute sembla irritée que son nom soit utilisée. Elle s'apprêta à utiliser Siffl'Herbe mais fut arrêtée net par l'attaque Provoc de Wynn, n'utilisant que son majeur pour témoigner son irrespect notoire dont elle avait le secret.

- Vous êtes tout tremblant tous les deux, un problème ? Tança Wynn. Je savais pas que vous deux continueriez de me poser autant d'emmerdes quinze ans après !
- T'as aucune foutue gêne la catin de service, j'ai bien fait de jamais signer dans des bases avec de tels retards pareils, poussa Cute, bouillonnant de colère.

Mon regard se posa sur le fauve électrique. J'en avais ma claque de le voir lui et 21 sembla être d'accord en moi. Au moins un point où nous deux se rejoignirent.

- Et toi, sale taupe, toujours autant en quête d'argent facile au point de te retrouver avec elle ?
- La paie est bonne. Et avec toi je peux être sûr de toucher de quoi partir en retraite anticipée.

Je ne pouvais pas continuer de les laisser faire. Il fallait les retarder, ou les stopper ici et maintenant. Wynn fit le premier pas avec sa faux en main avant de méga-évoluer directement sans plus attendre. J'en fis de même avec ma Latiosite. Cute, elle, n'avait que Sparker en ligne de mire. Moi, j'avais ma geôlière originelle. Sous notre énergie, la pièce trembla quelque peu tandis que la Phyllali qui accompagnait Cute s'apprêtait aussi à se battre.

- Réglons nos comptes ici à jamais. » Soufflais-je.

Cute s'élança contre Sparker avec Désherbaffe, n'hésitant pas à chercher une ouverture tout en augmentant sa vitesse contre son ennemi tandis que je fis voler des couteaux vers Wynn avec Psyko. Elle en profita pour bloquer avec ses deux hallebardes mais ne put bloquer mon assaut avec Dracochoc dans la foulée suivi de Dracocharge, qui la fit valdinguer en arrière hors de la maison. C'était dorénavant entre elle et moi.

Elle se releva très vite avant de répliquer avec une attaque Détection, bloquant l'attaque Noeud'Herbe que je comptais utiliser afin de la faire trébucher. Son sourire narquois avait laissé place à un visage furieux dominé par une rancœur non dissimulée. Profitant de mon attaque stoppée net, elle riposta avec Coup Bas au moment où je tentai de frapper une nouvelle fois avec Dracogriffe contre elle, ce qui me laboura le torse et me fit gémir de douleur. Reculant un peu, elle enchaîna avec Queue de Fer me faisant trébucher. J'eus rapidement le temps de rouler au sol afin d'éviter l'attaque suivante qui aurait eu raison de ma tête, voyant sa hallebarde d'une couleur noire éventrer le sol avec Tranche-Nuit.

Je savais me défendre mais j'en étais très réduit après le combat que j'ai eu droit tantôt. Péniblement, je me relevai, déracinant un arbre vers sa position avec Psyko. Mais elle bougeait beaucoup trop vite pour moi, je ne pouvais pas la suivre et elle se délectait de ma peur. Elle évita avec aisance le projectile improvisé avant de faire un saut périlleux en s'accrochant à une branche. Faisant qu'une avec la lune, elle tira une salve d'attaques à distance avec ses deux armes prenant une teinte bleu clair : Laser Glace. Je reculais avec mes ailes pour prendre un envol et reprendre l'avantage, mais l'attaque toucha ces dernières. Elle en profita pour retomber sur moi avec Vive-Attaque, sa poigne m'agrippant au cou avant de m'envoyer violemment contre deux arbres avec Psykoud'Boul.

Elle posa alors un genou sur mon torse, d'un air narquois en passant sa lame sur mon cou, me dissuadant de toute action.

« - Je commence à comprendre. Ce n'est pas 21 que j'ai en face de moi, mais ce sale gosse d'il y a 15 ans... tu te souviens, quand j'ai pris le cœur de ta mère sous tes yeux ?

Je ne pus m'empêcher de la regarder avec haine. Les souvenirs me revinrent encore en tête, me paralysant sous la violence de la scène qui était gravée en moi depuis ce temps. Elle s'en délecta même, ce qui l'amusa encore et encore. Digne d'elle et de sa folie...

- Te pisse pas dessus hein ? Je ne vais pas encore te tuer. Pas aujourd'hui, du moins... Zêta a encore besoin de toi.

Elle entendit alors une sale détonation venant de la maison de Cute, avant de voir cette dernière chuter à terre non loin de nous deux avec son Pokémon, son arme imbibée de sang. Elle fixa Wynn dans la foulée qui braqua sa hallebarde de libre vers elle. Sparker ne tarda pas à arriver, la veste et son pantalon en lambeaux et un visage couvert de griffures. Une large entaille parcourait son torse jusqu'à son bassin et il semblait respirer vite. Dire que j'espérais que Cute se débrouillerait mieux que moi...

- La sale garce...
- Deux contre une, Cute. Tu n'as aucune chance, se moqua Wynn. Abdique, ou je t'assure qu'il ne survivra pas.

Comme pour appliquer la menace à la lettre, elle passa sa main griffue sur ma nuque, m'étouffant afin d'obtenir rapidement sa reddition. Il fallait qu'elle fuit, je le savais mais elle n'avait aucune chance. Je devais vite réfléchir.

Fermant les yeux, j'implorai alors à 21 d'agir et de prendre contrôle de mon corps, n'ayant aucunement le choix. Mais au lieu de le faire, il en décida autrement, en sortant de mon corps comme il l'avait fait face à Wynn, la prenant par surprise avec deux attaques Dracochoc depuis ses bras noirs. Sparker fut tout autant surpris et Cute n'hésita pas avec sa Phyllali à utiliser deux attaques Eco-Sphère afin de les laisser sonnés plus longtemps.

Sparker bloqua avec Fatal-Foudre, provoquant une magnifique explosion verdâtre illuminer notre lieu de combat, ne laissant qu'un massive nuage de fumée. 21 revint alors en moi, me donnant simplement un ordre que je ne tardai pas à obéir.

- Fuyons. »

Attrapant Cute et ses affaires avec Psyko, sans oublier son Pokémon, je me mis à battre des ailes laissant nos deux opposants dans la poussière, m'envolant loin d'eux. Cute s'agrippa à mon cou tant bien que mal alors que je fusais aussi loin que possible, entendant le son de certaines attaques me passer sur la gauche et la droite. Allant aussi vite que je le pouvais, nous nous éclipsâmes rapidement, nous dirigeant vers le flanc du volcan afin de s'y cacher, rasant au plus près la montagne. Cute n'en dit rien, accrochée avec son sac et son arme, serrant son collier. Nous n'avions plus le choix dorénavant : il fallait fuir et prier de ne pas se faire prendre par l'Ordre qui nous recherchait.

Ce n'est qu'au bout d'une heure que nous nous posâmes dans une alcôve discrète du volcan. Cute posa pied à terre dans la foulée. Je me décidai à penser mes nombreuses plaies que je m'étais faite. Nous deux utilisâmes nos attaques de soin respectives – Soin et Synthèse afin de se remettre d'aplomb. Je m'attelais à panser les plaies qui peinaient à se refermer, chez elle comme chez moi même si elle avait moins subi que moi. Elle resta en alerte, comme si elle s'attendait à leur arrivée. Elle avait raison.

« - … Llali, Phyllali...

La jeune Phyllali regarda sa maîtresse avec une grande crainte dans ses yeux. Je savais qu'elle pouvait communiquer avec elle mais j'ignorais bien ce que les deux se disaient. Cute posa alors son regard sur moi, avant de s'approcher en posant un genou au sol, soufflant rapidement.

- On fait quoi maintenant ? Par ta connerie, regarde où on en est !

Elle me regardait avec un air plein de rage mais aussi de panique : elle venait probablement de tout perdre là-bas et il ne lui restait que son Pokémon, son collier, son carnet, sa clé et l'arme de son père posée sur son épaule. Sa colère envers moi était justifiée...

- J'en reviens pas, tu pouvais pas juste réfléchir avant d'agir ? J'ai même pas pu... stopper ce sale déchet, il empestait la couardise et les coups bas ! T'as rien pu faire contre elle alors que t'étais en Méga-évolution non plus ?!

Elle n'eut que mon regard vide en réponse. J'étais accablé, mais je n'avais pas perdu le nord pour le moment. Il fallait trouver une solution et vite...

- On n'a pas le choix. Il faudrait qu'on fonce récupérer tes données. Ils vont pas tarder à venir et les chances vont diminuer.
- Crétin, c'est du suicide. Jamais je partirai là-bas maintenant, encore moins avec elle !
- On n'a pas de foutu choix, tu comprends pas quoi ? Me défendis-je. Si on tente pas un truc maintenant, ils vont nous capturer et tu n'auras jamais les réponses à tes craintes. On est si proches, et je me souviens... enfin, 21 se souvient encore des codes d'accès, trappes secrètes et autres.

Cute me jeta un air dubitatif.

- Et quant à toi ? Tu ne crains pas de te faire capturer ? Demanda-t-elle.
- J'ai déjà tout perdu, Cute. Ma sœur est la seule chose que je cherche à revoir. Tout le reste n'est plus. Mais t'as encore toute ta tête et je veux certainement pas que tu subisses les horreurs que j'ai vu.

La jeune femme plante sembla perplexe, croisant ses bras en réfléchissant à ma proposition. Je n'avais rien à perdre au fond, tout à gagner. Elle aussi, bien que le risque était grand.

- Si jamais nous nous faisons prendre, je te laisserai assez de marge pour partir. Tu pourras prendre la fuite.
- N'en as-tu donc rien à foutre de toi-même ?

Je ne savais plus quoi dire. Observant le ciel, je ne pus trouver durant de longues secondes une réponse, avant de me résigner complètement.

- Je m'en fous. Je veux juste en finir. »

Je lui tendis alors la main, n'ayant rien à perdre malgré mes blessures. Nous n'avions qu'à récupérer des données et filer : je savais très bien que cela pouvait mal finir. Mais Cute ne méritait pas de subir ce que j'avais reçu en terme de sévices. Grand bien me fasse de mourir au final. Ma vie ne rimait pas à grand-chose, alors qu'elle avait encore de quoi la changer pour le mieux. Résignée, elle posa sa main sur mon épaule, pointant la base au loin. Les étoiles commençaient à disparaître de la voûte céleste. Nous n'avions plus beaucoup de temps : il fallait jouer nos cartes le plus rapidement possible.

------


11 jours plus tard, la suite de notre épopée se poursuit, avec cette fois un Nokath lucide mais plus terre à terre. L'étau se resserre sur notre demoiselle et le stress commence à monter...
J'espère que le chapitre vous plaira, je vais pour de bon cette fois essayer de finir tout ça avant la fin de l'année :')
Bonne lecture à vous !
0
0/140