20 août 2026
Je me souviens encore de cette impression étrange lorsque j'ai aperçu les côtes de la région pour la première fois. Après un long voyage, les terres se dessinaient enfin devant moi : des collines, des forêts, quelques bâtiments éparpillés et, au loin, des routes dont je ne connaissais encore rien. J'avais beau avoir une carte entre les mains, elle ne représentait finalement qu'une chose : un territoire que je ne connaissais pas. Je savais où se trouvaient certaines villes, mais j'ignorais ce qui m'attendait entre elles. Quels Pokémon vivaient dans ces bois ? Qui habitait ces villages ? Quels endroits n'apparaissaient même pas sur ma carte ? Je n'avais aucune réponse. Et, étrangement, c'était précisément ce qui me plaisait.
Ma première destination fut le Laboratoire d'Améthyste. Le professeur m'accueillit avec cette assurance particulière que l'on retrouve chez les personnes qui ont passé une grande partie de leur vie à voyager et à observer le monde. Elle avait autrefois été une dresseuse reconnue avant de devenir professeur, et je comprenais rapidement qu'elle connaissait les Pokémon bien mieux que la plupart des personnes que j'avais pu rencontrer jusque-là. Après quelques explications, elle m'amena devant trois Pokémon. C'était à moi de choisir celui qui deviendrait mon premier compagnon.
Le premier était Moutefeu, un Pokémon de type Feu. Son tempérament semblait correspondre à son élément, et il dégageait déjà une certaine énergie. Le second était Goshura, de type Plante, plus calme en apparence. Enfin, il y avait Hatolo, un Pokémon de type Eau. Je les ai observés quelques instants, essayant de trouver une raison logique de choisir l'un plutôt que l'autre. Je pourrais probablement inventer aujourd'hui une grande explication à ce choix, mais la vérité est beaucoup plus simple : quelque chose chez Hatolo m'a convaincu. Je l'ai choisi. À cet instant, je ne savais pas encore jusqu'où nous irions ensemble. Je savais simplement qu'à partir de ce jour, je ne voyagerais plus seul.
Le professeur m'expliqua ensuite les bases nécessaires à tout nouveau dresseur. Elle me parla des Pokémon, des combats et de la manière de les capturer. Elle me remit également quelques Poké Balls ainsi qu'une carte et un guide qui, je le découvrirais plus tard, me seraient particulièrement utiles. Je pensais pouvoir quitter tranquillement le laboratoire et commencer mon voyage. Je n'aurais pas pu me tromper davantage.
Les portes du laboratoire furent soudainement forcées. Des membres de la Team Holo venaient de faire irruption dans le bâtiment. Ils réclamaient les recherches du professeur et semblaient parfaitement déterminés à repartir avec elles. Je ne savais absolument pas ce que contenaient ces documents, mais leur comportement suffisait à comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une visite amicale. Le professeur finit par accepter de leur remettre ce qu'ils étaient venus chercher, mais je ne pouvais pas simplement rester là à regarder. Un de leurs Pokémon apparut alors devant moi : un Racifrouss. Hatolo se plaça à mes côtés. C'était notre premier combat.
Tout s'est déroulé très vite. Je donnais mes premières instructions avec l'incertitude de quelqu'un qui n'avait encore jamais vécu une véritable bataille, tandis que Hatolo semblait déjà avoir compris ce que j'attendais de lui. Je découvrais alors quelque chose que les explications du professeur n'auraient jamais pu m'apprendre : un combat n'est pas simplement une succession d'attaques. Il faut observer son adversaire, comprendre son Pokémon et surtout apprendre à faire confiance au sien. Hatolo et moi avons combattu ensemble pour la première fois.
La Team Holo finit malgré tout par repartir avec les documents. Je pensais alors qu'il s'agissait de recherches scientifiques importantes, peut-être même de travaux susceptibles d'avoir une grande valeur pour la région. J'ai donc été particulièrement surpris lorsque j'ai appris leur véritable contenu. Des recettes de cuisine. Je dois reconnaître que je ne savais pas vraiment comment réagir. Des hommes avaient forcé l'entrée d'un laboratoire, affronté un nouveau dresseur et volé des documents confidentiels… pour repartir avec des recettes. Je ne sais toujours pas si cette histoire est rassurante ou inquiétante.
Lorsque j'ai finalement quitté le laboratoire, j'ai regardé la carte que le professeur m'avait donnée. Cette fois, il n'y avait plus personne pour me dire où aller. J'étais réellement livré à moi-même. Hatolo avançait à mes côtés et, devant nous, une région entière s'ouvrait. J'ai pris la direction de Bourg-en-Paume, le premier village sur mon chemin.
Bourg-en-Paume était un endroit plutôt calme. Après l'agitation du laboratoire, j'ai apprécié cette tranquillité. J'y ai découvert les bâtiments indispensables à tout voyageur, mais surtout plusieurs routes qui permettaient de poursuivre l'exploration. Au sud se trouvait la Ferme de Kalem, tandis qu'une autre direction menait vers la Falaise Rocheuse. Je n'avais aucune raison particulière de choisir une route plutôt qu'une autre, alors j'ai simplement décidé de commencer par la ferme.
La Ferme de Kalem fut mon premier véritable aperçu de la diversité de cette région. Des Pokémon évoluaient librement dans les environs, des dresseurs s'entraînaient et les habitants avaient chacun leurs propres occupations. J'ai commencé à capturer les Pokémon que je rencontrais, prenant peu à peu l'habitude de consulter mon Pokédex après chaque nouvelle rencontre. Je ne voulais pas seulement avoir une équipe capable de combattre. Je voulais comprendre les créatures que je rencontrais. Où vivaient-elles ? Pourquoi certaines ne semblaient apparaître qu'à certains endroits ? Pourquoi certaines espèces étaient-elles si faciles à rencontrer tandis que d'autres semblaient presque inexistantes ?
C'est également ici que j'ai rencontré plusieurs personnes avec leurs propres demandes. Karline, la fermière, m'a notamment parlé d'un échange qui nécessitait un Cuterotte à rayures. Je n'en avais encore jamais vu et, d'après ce que j'ai compris, il ne s'agissait pas exactement d'un Pokémon que l'on rencontrait tous les jours. Je n'avais évidemment rien à lui proposer à ce moment-là, mais j'ai retenu l'information. Je commençais à comprendre que certains Pokémon nécessiteraient probablement beaucoup plus de patience que d'autres.
Après avoir exploré suffisamment la ferme, j'ai décidé de poursuivre vers l'est, en direction de la Falaise Rocheuse. Le paysage changeait progressivement. Les terres cultivées laissèrent place à une roche plus imposante, aux reliefs irréguliers. Le chemin devenait moins accueillant et les Pokémon que je rencontrais n'étaient plus les mêmes. J'avais l'impression de quitter peu à peu les environs familiers de Bourg-en-Paume pour m'enfoncer dans une partie de la région encore sauvage.
Sur le chemin, plusieurs dresseurs m'ont proposé de combattre. Ces affrontements étaient différents du premier combat contre la Team Holo. Cette fois, personne ne cherchait à voler quoi que ce soit et je pouvais prendre le temps d'observer mes adversaires. Certains combats furent simples, d'autres me demandèrent davantage de réflexion. Chaque rencontre m'apprenait quelque chose : mieux choisir mes attaques, comprendre les réactions d'un Pokémon adverse, mais aussi apprendre à donner les bonnes consignes à Hatolo au bon moment. À force de combattre, Hatolo gagnait en assurance. Je pouvais le sentir dans sa manière de se déplacer et de réagir. De mon côté, je commençais enfin à me sentir un peu plus à l'aise dans mon rôle de dresseur.
Au bout de la falaise, j'ai découvert l'entrée d'une grotte. Elle s'enfonçait dans la roche et semblait mener bien plus loin que ce que son ouverture laissait deviner. Après avoir jeté un dernier regard au paysage derrière moi, j'ai allumé ma lampe et je me suis avancé avec Hatolo.
Le changement d'ambiance fut immédiat. À peine entré, les bruits de l'extérieur avaient disparu. Il ne restait plus que le son de nos pas, quelques gouttes d'eau tombant régulièrement quelque part dans les profondeurs et, de temps à autre, les mouvements d'un Pokémon caché dans l'obscurité. Je me suis mis à avancer plus lentement, observant chaque recoin avant de poursuivre. La grotte semblait abriter une faune différente de celle que j'avais rencontrée à l'extérieur et, naturellement, j'ai commencé à chercher ceux que je ne connaissais pas encore.
L'exploration me prit plus de temps que prévu. Chaque nouvelle rencontre était une occasion d'en apprendre davantage sur cet endroit. J'ai fini par capturer tous les Pokémon que j'ai pu trouver dans cette partie de la grotte, à l'exception de ceux qui semblaient particulièrement rares. Ces derniers continuaient de m'échapper. J'avais beau chercher, impossible de mettre la main dessus. Cela commençait déjà à devenir une habitude : à chaque endroit que j'explorais, il semblait toujours rester quelques créatures cachées quelque part.
Plus loin, j'ai découvert un tunnel qui semblait poursuivre son chemin dans les profondeurs. Naturellement, j'ai voulu l'emprunter. Pourtant, impossible d'aller plus loin. Quelqu'un m'en empêcha. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi. Rien, à première vue, ne semblait justifier qu'on m'interdise ce passage. Il n'y avait pas de danger évident, pas de raison clairement expliquée. Seulement cette impossibilité de continuer.
Je suis resté quelques instants devant le tunnel, à observer l'obscurité qui s'étendait derrière. Qu'est-ce qui pouvait bien se trouver là-bas ? Était-ce simplement un passage que je n'étais pas encore autorisé à emprunter ? Y avait-il quelque chose de dangereux ? Ou quelqu'un cherchait-il à empêcher les voyageurs d'atteindre ce qui se trouvait de l'autre côté ? Toutes ces possibilités me traversèrent l'esprit, sans qu'aucune ne puisse être confirmée. J'ai donc mémorisé l'endroit. Je reviendrai.
En poursuivant mon exploration vers le nord de la grotte, j'ai découvert quelque chose d'encore plus étrange. Une pierre se trouvait là, recouverte d'une peinture dont je ne comprenais absolument pas la signification. Je me suis approché pour mieux l'observer. Les formes semblaient avoir été volontairement tracées sur la roche, mais je n'arrivais pas à déterminer ce qu'elles représentaient. Un Pokémon ? Un symbole ? Une marque ? Peut-être simplement l'œuvre de quelqu'un qui était passé par ici.
Mais cette dernière possibilité soulevait finalement encore plus de questions. Quelqu'un était forcément venu jusqu'à cette pierre. Quelqu'un avait pris le temps de la peindre. Pourquoi ici ? Pourquoi cette pierre ? Et surtout, pourquoi laisser une marque dans un endroit aussi isolé ? Je n'avais aucune réponse. Je me suis contenté de l'observer encore quelques secondes avant de continuer mon chemin.
Je ne savais pas encore si cette peinture avait la moindre importance. Peut-être n'était-ce rien. Peut-être que quelqu'un avait simplement voulu laisser une trace de son passage. Mais je commençais déjà à comprendre que cette région cachait probablement plus de choses que ce que l'on pouvait voir au premier regard.
Lorsque je suis finalement ressorti de la grotte, la lumière du jour m'a presque aveuglé. J'ai regardé derrière moi. Quelques heures auparavant, je ne savais même pas que cet endroit existait. Maintenant, j'en connaissais une partie, j'avais rencontré plusieurs Pokémon, découvert un passage auquel je n'avais pas accès et trouvé une pierre recouverte d'une étrange peinture dont je ne comprenais toujours pas le sens.
Hatolo se tenait près de moi.
Je me suis alors rendu compte que mon voyage venait à peine de commencer.
Je ne savais pas encore qui étaient réellement les membres de la Team Holo et pourquoi ils s'intéressaient aux recherches d'Améthyste. Je ne savais pas ce qui se trouvait derrière ce tunnel. Je ne savais pas qui avait peint cette pierre, ni pourquoi. Je ne savais pas non plus combien de Pokémon il me restait encore à découvrir.
En réalité, je ne savais presque rien.
Et pourtant, pour la première fois depuis mon arrivée, j'avais l'impression d'être exactement là où je devais être.
J'ai repris ma carte.
Devant moi, plusieurs chemins s'offraient encore.
J'ai regardé Hatolo, puis la route.
Et nous avons continué.
Chapitre suivant...
Chapitre II - Le premier badge
21 août 2026
Je pensais que le plus difficile, après avoir quitté la grotte, serait de retrouver mon chemin. La carte du professeur était suffisamment précise pour m’éviter de me perdre, mais elle ne pouvait rien faire contre les questions qui s’accumulaient dans mon esprit. Depuis mon arrivée à Wandah, chaque endroit semblait cacher quelque chose. La forêt, la falaise, la grotte, cette étrange pierre couverte de marques… Et maintenant, il y avait aussi la Team Holo.
Je repensais surtout à ce qui s’était passé au laboratoire. Plus j’y réfléchissais, moins quelque chose me paraissait normal. Au début, j’avais cru que les documents emportés par ces hommes contenaient réellement les recherches du professeur Améthyste. C’était logique. Ils avaient pénétré dans le laboratoire en parlant de recherches confidentielles, ils avaient exigé des documents et le professeur avait fini par leur en remettre. Pourtant, j’avais découvert ensuite qu’il ne s’agissait que de recettes de cuisine. Sur le moment, cela m’avait paru absurde. Maintenant, je comprenais que ce n’était pas une erreur.
Améthyste les avait trompés.
Elle avait volontairement donné ces recettes à la Team Holo pour leur faire croire qu’ils avaient obtenu ce qu’ils étaient venus chercher. Elle avait compris leur intention avant même que je puisse réellement mesurer le danger de la situation. Et le plus étrange, peut-être, était qu’ils n’avaient même pas pris le temps de vérifier ce qu’ils emportaient. Ils avaient simplement pris les documents et étaient repartis.
Pourquoi ?
Cette question me revenait sans cesse. Quelles étaient réellement les recherches d’Améthyste ? Qu’avaient-ils voulu trouver dans son laboratoire ? Comment avaient-ils su qu’elle travaillait sur quelque chose qui les intéressait ? Et surtout, qui étaient-ils vraiment ? Je n’avais aucune réponse. Je ne savais même pas s’il était prudent de chercher à en avoir. Pourtant, une partie de moi refusait de laisser cette histoire derrière moi.
J’ai rangé la carte et repris ma route.
Le chemin m’a finalement conduit vers une zone plus boisée. Les arbres se resserraient autour du sentier et la lumière semblait changer à mesure que j’avançais. Je me suis rendu compte que je connaissais déjà cet endroit de réputation, sans réellement savoir à quoi m’attendre. Le Bois Mystique portait bien son nom. Dès que j’y pénétrai, une impression étrange me saisit. Il y avait quelque chose de différent ici. Le silence n’était jamais complet : des bruissements venaient des buissons, des Pokémon se déplaçaient entre les arbres et, par moments, un petit cri résonnait au loin avant de disparaître aussi vite qu’il était apparu.
Je progressais tranquillement lorsque j’aperçus plusieurs personnes installées dans le bois. Certaines semblaient simplement voyager, d’autres étaient là pour s’entraîner ou observer les Pokémon sauvages. Je commençais à comprendre que Wandah n’était pas seulement une succession de routes et de villages. Chaque endroit avait sa propre vie, ses propres habitants et parfois ses propres histoires.
C’est alors que je rencontrai une campeuse appelée Marie.
Elle était installée près d’un feu de camp et semblait parfaitement à son aise au milieu de cette forêt. Lorsque je me suis approché, elle m’a proposé de rester un moment. Elle avait une histoire à raconter, une histoire censée faire peur.
J’ai accepté.
Je ne savais pas encore à quel point j’allais regretter cette décision.
Marie commença son récit en parlant d’un dresseur qui devait traverser le Bois Mystique pour rejoindre le Hameau Ecume. Il faisait nuit. Une nuit si sombre que même les Mucioles qui vivaient dans la forêt semblaient hésiter à éclairer leur chemin. Le dresseur avançait pourtant, seul, tandis qu’une étrange sensation le suivait depuis plusieurs minutes. Quelque chose était là. Quelque chose qu’il ne parvenait pas à voir clairement.
Puis il aperçut une ombre.
Elle se tenait au milieu des arbres, immobile, beaucoup trop grande pour être confondue avec un simple Pokémon. Deux yeux rouges apparaissaient dans l’obscurité. Au sol, autour d’elle, des feuilles et des morceaux de papier étaient dispersés.
Je ne sais pas à quel moment l’histoire de Marie a cessé d’être une simple histoire.
Tout est devenu plus réel.
Lorsque j’ai rouvert les yeux, j’étais au milieu du bois. Mais ce n’était plus exactement le même bois. La lumière avait disparu. L’obscurité semblait avoir avalé les arbres, et les bruits familiers de la forêt avaient laissé place à un silence pesant. Je me suis retourné, cherchant Marie, mais elle n’était plus là.
À mes pieds se trouvait une lettre. Puis une autre.
Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais quelque chose me poussait à les ramasser. J’ai commencé à parcourir les chemins, à fouiller les alentours, à chercher les feuilles de papier abandonnées sur le sol. Chaque fois que j’en trouvais une, je la prenais avec moi. Je ne savais pas ce que ces lettres signifiaient ni pourquoi elles semblaient être la seule chose capable de me rapprocher de la sortie. Il y en avait sept.
Une fois toutes réunies, je me suis retrouvé face à cette masse sombre dont Marie avait parlé.
Elle était là. Au centre du bois. Deux yeux rouges me fixaient depuis l’obscurité. J’ai avancé malgré moi. L’ombre s’est mise à bouger.
Pendant un instant, j’ai cru que quelque chose allait surgir des arbres pour m’attaquer. Puis j’ai compris que les lettres que j’avais ramassées formaient un nom. Blahole.
L’ombre s’est alors révélée.
Je n’ai pas vraiment eu le temps de comprendre ce qui se passait avant de sentir une présence m’aspirer vers elle.
Puis tout s’est arrêté.
J’ai retrouvé le feu de camp.
Marie était toujours devant moi.
Elle me regardait avec un sourire amusé, comme si rien ne s’était passé.
Je suis resté silencieux quelques secondes avant de réaliser que toute cette aventure n’avait duré qu’un instant dans le monde réel. Pourtant, j’avais encore l’impression d’avoir réellement traversé cette forêt plongée dans l’obscurité. Marie m’a demandé si son histoire m’avait fait peur.
J’ai préféré ne pas lui mentir.
Elle semblait satisfaite de ma réponse et, pour me remercier de l’avoir écoutée jusqu’au bout, elle m’a offert un petit Pokémon. Un Blahole qu’elle appelait Spooky.
Je l’ai regardé quelques secondes.
Après ce que je venais de vivre, je ne savais pas si je devais trouver cela rassurant ou inquiétant.
Spooky, lui, semblait parfaitement tranquille.
Je l’ai finalement accepté. Il est venu rejoindre mon équipe sans faire d’histoires, comme s’il avait toujours été destiné à m’accompagner. Je ne savais pas encore quelle place il prendrait dans mon voyage, mais une chose était certaine : je n’allais pas oublier la manière dont nous nous étions rencontrés.
J’ai quitté le Bois Mystique avec Hatolo et Spooky à mes côtés.
La route m’a ensuite conduit vers le Hameau Ecume.
Après les forêts et les chemins rocheux que j’avais traversés depuis mon arrivée à Wandah, découvrir une ville installée au bord de l’eau me procura une sensation étrange. Le bruit des vagues était différent de celui des arbres. Plus régulier. Plus calme. Pour la première fois depuis mon départ, j’ai eu l’impression que je pouvais simplement m’arrêter quelques instants et observer ce qui m’entourait sans avoir immédiatement à chercher la prochaine route.
Le Hameau Ecume était animé. Des habitants circulaient entre les maisons, des voyageurs s’arrêtaient près de l’eau et plusieurs personnes semblaient avoir leurs habitudes dans cette petite ville. La mer occupait une place importante dans la vie du village. Je pouvais voir des pêcheurs revenir de leurs sorties, certains avec des caisses, d’autres simplement occupés à préparer leur matériel.
Je me suis promené un moment avant d’apercevoir un bâtiment qui attira mon attention : l’arène.
C’était ici que se trouvait le premier badge de Wandah.
Je me suis arrêté devant l’entrée.
J’avais déjà affronté plusieurs dresseurs depuis mon arrivée dans la région, mais ce combat serait différent. Jusqu’ici, je m’étais battu parce que je devais avancer, parce qu’un autre dresseur s’était placé sur mon chemin ou parce qu’un Pokémon sauvage m’avait obligé à réagir. Cette fois, j’allais affronter quelqu’un qui avait consacré une grande partie de sa vie à maîtriser les combats Pokémon.
La championne s’appelait Coralla.
Son arène était consacrée aux Pokémon de type Eau, ce qui me semblait presque évident en regardant autour de moi. Le Hameau Ecume vivait avec la mer, et Coralla semblait en être une représentation parfaite.
Lorsque je suis entré, je me suis préparé au combat.
Le premier Pokémon qu’elle envoya fut un Loupio. Hatolo s’avança devant moi. Le combat commença rapidement et, pendant les premières secondes, je me suis rendu compte que mes précédents affrontements m’avaient appris plus de choses que je ne le pensais. Je savais désormais quand attendre, quand attaquer, quand observer le comportement de mon adversaire plutôt que de simplement agir par instinct.
Le combat fut loin d’être aussi simple que je l’aurais imaginé.
Coralla savait parfaitement utiliser ses Pokémon. Après Loupio, elle envoya Hypotrempe. Son rythme était différent, ses mouvements plus difficiles à anticiper. J’ai dû changer plusieurs fois de stratégie et compter sur Hatolo sans pour autant lui demander de tout faire seul.
Puis vint le dernier combat.
Froussardine.
Je m’attendais à quelque chose de différent, mais certainement pas à cette impression de puissance qui se dégagea immédiatement du Pokémon. J’ai serré les dents et continué. Le combat s’est prolongé, chaque décision devenant plus importante que la précédente.
À plusieurs reprises, j’ai cru que j’allais perdre.
Mais Hatolo a tenu bon.
Lorsque le combat s’est enfin terminé, je suis resté quelques secondes sans bouger. Je venais de comprendre que je n’étais plus simplement un débutant qui parcourait une région inconnue. Pour la première fois depuis mon arrivée à Wandah, j’avais remporté quelque chose qui représentait réellement mon avancée.
Coralla m’a remis le Badge Eau.
Elle m’a également récompensé de 3 500 Pokédollars. Je regardais le badge dans ma main avec une certaine fierté. Il était petit, mais il représentait déjà beaucoup pour moi : des combats, des rencontres, des kilomètres parcourus et surtout cette impression d’avoir franchi une première véritable étape.
Je ne suis pourtant pas reparti immédiatement.
Le Hameau Ecume avait encore des choses à me montrer.
Je suis notamment allé rencontrer un pêcheur qui vivait dans la ville. Il m’a parlé de la pêche et m’a offert une canne. Je l’ai regardée avec curiosité. Jusqu’ici, je m’étais contenté de parcourir les chemins et d’explorer les endroits accessibles à pied. La perspective de pouvoir maintenant observer ce qui se cachait sous la surface de l’eau ouvrait encore une autre partie de Wandah.
Le pêcheur m’a également parlé d’une meilleure canne qu’il pourrait me remettre plus tard, à condition que je lui apporte une pomme, un Stari et un bâton. La pomme pouvait être trouvée ou achetée, le Stari pouvait être pêché ici même, tandis que le bâton semblait devoir attendre encore un peu.
Je ne savais pas quand je réussirais à réunir tout cela, mais j’ai gardé l’information dans un coin de ma tête.
En quittant la maison du pêcheur, j’ai aussi croisé un touriste qui observait une statue. Il cherchait à savoir quel Pokémon avait inspiré cette représentation. Il m’a donné un indice : ce Pokémon pouvait être pêché au Hameau Ecume.
Je me suis approché de la statue pour l’observer à mon tour.
Je n’ai pas trouvé la réponse immédiatement.
Cela me fit sourire. Même après avoir obtenu mon premier badge, Wandah continuait de me présenter de petites énigmes sans importance apparente, comme si la région voulait constamment me rappeler qu’il ne suffisait pas de suivre une route pour réellement la découvrir.
Plus loin, j’ai remarqué un stand consacré à un tournoi de pêche. J’ai appris qu’il s’agissait de l’un des trois endroits de Wandah où ce genre de tournoi était organisé. Il n’avait pas lieu tous les jours : il fallait attendre une date précise, puis choisir un créneau pour participer. Les règles pouvaient également changer selon le tournoi.
Je n’avais aucune idée de ce que l’avenir me réservait, mais je me suis promis de revenir un jour.
Le soleil commençait à descendre lorsque j’ai quitté les rues du Hameau Ecume. Je me suis retourné une dernière fois vers la ville avant de reprendre la route.
En quelques jours seulement, j’avais découvert une nouvelle région, rencontré des Pokémon que je ne connaissais pas, remporté mon premier badge et obtenu un nouveau compagnon dans des circonstances pour le moins étranges.
Pourtant, malgré tout cela, une seule chose continuait de me revenir à l’esprit.
La Team Holo.
Je pensais aux documents qu’ils avaient emportés du laboratoire. Des recettes. Rien d’autre en apparence.
Mais ce n’était justement que cela : une apparence.
Améthyste leur avait donné ces documents volontairement. Elle avait protégé ses véritables recherches en leur faisant croire qu’ils étaient repartis avec ce qu’ils cherchaient. Et ils étaient partis sans même vérifier.
Je me demandais alors ce qu’il y avait réellement derrière cette histoire.
Quelles recherches le professeur gardait-elle secrètes ? Pourquoi étaient-elles suffisamment importantes pour attirer l’attention d’un groupe prêt à forcer l’entrée d’un laboratoire ? Comment la Team Holo avait-elle appris leur existence ? Et surtout, pourquoi avaient-ils eu besoin de ces recherches ?
Je n’avais pas les réponses.
Pas encore.
Devant moi, la route s’étendait encore, longue et inconnue.
Je venais d’obtenir mon premier badge, mais j’avais la sensation que mon véritable voyage ne faisait que commencer.
Chapitre suivant...
Chapitre III — L’île de glace
22 août 2026
Après avoir obtenu mon premier badge auprès de Coralla, je ne suis pas resté bien longtemps à Hameau de l’Écume. Je suis retourné vers la plage, celle que j’avais déjà aperçue en arrivant, et pendant quelques instants, je me suis simplement arrêté pour regarder la mer. Le vent soufflait doucement et l’horizon semblait immense. Derrière moi, il y avait déjà tout ce que j’avais découvert depuis mon arrivée à Wandah : Bourg-en-Paume, la ferme de Kalem, la falaise rocheuse, cette étrange pierre peinte que je n’arrivais toujours pas à comprendre, puis le Bois Mystique et cette rencontre avec Marie qui m’avait finalement permis d’accueillir Spooky parmi mes Pokémon. Tout cela ne faisait pourtant que quelques jours. J’avais parfois l’impression d’être ici depuis bien plus longtemps, comme si chaque endroit avait laissé une trace particulière dans mon esprit.
Hatolo était toujours à mes côtés. C’était devenu une habitude assez naturelle maintenant. Les autres Pokémon, eux, étaient tranquillement rangés dans leurs PokéBalls, dans mon sac. Je savais qu’ils étaient là, prêts à sortir lorsque j’en aurais besoin, mais pour le moment, c’était Hatolo qui partageait réellement le voyage avec moi. Il avançait à mes côtés tandis que nous attendions le ferry. Je me demandais encore ce qui pouvait bien m’attendre de l’autre côté de la mer. Après la chaleur et les paysages que j’avais connus jusque-là, je ne m’attendais certainement pas à découvrir un endroit comme celui qui allait se présenter à moi.
Lorsque le ferry arriva, je montai à bord avec Hatolo et mon sac. Le trajet ne fut pas particulièrement long, mais plus nous avancions, plus le paysage changeait. La mer semblait se confondre avec le ciel et une fraîcheur inhabituelle commença à se faire sentir. Puis, peu à peu, les premières étendues de glace apparurent. Je ne savais pas encore exactement où nous allions, mais une chose était certaine : nous quittions complètement le décor que je connaissais. Lorsque je posai enfin le pied sur cette île de glace, j’eus immédiatement l’impression d’entrer dans un autre monde.
Le froid était saisissant. La neige recouvrait une grande partie du paysage et, malgré le fait que nous soyons en plein été, rien ne semblait vouloir fondre. C’était étrange de penser qu’à quelques heures de là, j’étais encore sur une plage à regarder la mer. Ici, tout paraissait plus calme, plus silencieux aussi. Hatolo semblait lui-même intrigué par ce nouvel environnement. Je resserrai un peu mes vêtements avant de commencer à avancer, mon sac sur le dos et Hatolo à mes côtés.
C’est ainsi que j’ai découvert CryoValley.
La ville était très différente de tout ce que j’avais pu voir jusqu’à présent. La neige semblait faire partie du paysage, comme si elle avait toujours été là. Les bâtiments se détachaient sur ce décor blanc et, malgré le froid, je trouvais à l’endroit quelque chose d’assez accueillant. Avant de chercher quoi que ce soit d’autre, je suis allé découvrir le centre Pokémon. Après les événements des derniers jours, c’était devenu un endroit rassurant. Pouvoir prendre un moment pour souffler, vérifier que tout allait bien et savoir que mes Pokémon pouvaient être soignés me permettait de repartir plus sereinement.
En parcourant CryoValley, j’ai aussi découvert quelque chose que je n’avais encore jamais rencontré depuis mon arrivée : un restaurant où je pouvais manger, mais également donner à manger à mes Pokémon. Cela m’a permis de prendre un vrai moment de pause. Après les chemins parcourus et les différents combats, ça faisait du bien de simplement s’asseoir et de ne pas avoir à penser à ce qui allait se passer ensuite. Hatolo était avec moi, tandis que les autres restaient dans leurs PokéBalls, toujours dans mon sac. Même sans les faire sortir, je pensais à eux. Je commençais à comprendre qu’un voyage comme celui-ci ne consistait pas uniquement à avancer de ville en ville. Il y avait aussi tous ces petits moments où l’on prenait le temps de s’occuper de soi et de ses Pokémon.
J’ai également découvert un endroit qui permettait d’analyser les Pokémon afin de savoir s’ils étaient rares ou non dans la région. Forcément, j’ai voulu essayer avec les miens. Finalement, aucun de ceux que je possédais n’était considéré comme rare. Sur le moment, je n’ai pas vraiment été surpris. Je commençais seulement à découvrir Wandah et je n’avais pas encore assez de recul pour savoir ce qui était inhabituel ou non ici. Pourtant, en repensant aux Pokémon que j’avais croisés depuis mon arrivée, je me suis rendu compte que certains semblaient effectivement beaucoup moins communs que d’autres. Spooky, notamment, faisait partie de ceux qui m’avaient marqué. Je l’avais rencontré dans le Bois Mystique dans des circonstances assez particulières, et apprendre qu’il pouvait être considéré comme rare dans cette région aurait rendu finalement cette rencontre encore plus singulière qu’elle ne l’était déjà.
Après avoir découvert une partie de CryoValley, je suis finalement revenu vers l’endroit que j’avais remarqué près du port : l’arène. Je savais qu’un deuxième badge m’attendait peut-être là, mais contrairement au premier, je n’avais pas cette fois l’impression de partir avec un objectif précis en tête. Je n’étais pas venu à CryoValley en me disant que je devais absolument repartir avec un nouveau badge. J’étais simplement arrivé ici, j’avais découvert la ville, pris mes marques, et maintenant je me retrouvais devant cette arène.
Mais j’étais préparé. Et mon équipe l’était également. J’ai donc poussé la porte.
Les premiers combats m’ont rapidement plongé dans l’ambiance de cette arène. Chaque affrontement me demandait un peu plus d’attention. Je commençais à mieux connaître mes Pokémon, leurs réactions et leurs façons de combattre. Les combats du début de mon voyage m’avaient déjà beaucoup appris, et je sentais que je n’étais plus exactement le même dresseur qu’en quittant Améthyste quelques jours auparavant.
Puis est venu le moment de faire face à Frodo.
Son arène était à l’image de CryoValley : froide, calme en apparence, mais loin d’être aussi simple qu’elle en avait l’air. Ses Pokémon étaient résistants et chaque combat me demandait de rester concentré. Grelaçon, puis Hexagel, et enfin Farfuret. Je ne savais pas exactement comment le combat allait se terminer lorsque tout a commencé, mais peu à peu, mes Pokémon ont pris le dessus.
Et finalement, j’ai gagné.
Frodo m’a remis le deuxième badge.
Je l’ai regardé quelques instants sans vraiment réaliser ce que cela représentait. Deux badges seulement, et pourtant j’avais déjà l’impression d’avoir parcouru une distance immense depuis mon départ. Lorsque j’étais arrivé à Wandah, je ne savais presque rien de cette région. Maintenant, j’avais rencontré des personnes dont je me souvenais déjà, découvert des endroits étranges, affronté deux champions et commencé à comprendre que ce voyage serait probablement bien plus compliqué que ce que j’avais imaginé.
En ressortant de l’arène, Hatolo m’attendait toujours. Je retrouvai mon sac sur mon épaule et repris tranquillement mon chemin. Les autres Pokémon étaient toujours à l’intérieur de leurs PokéBalls, comme depuis le début de cette aventure. Pourtant, je savais qu’ils faisaient partie du voyage, eux aussi.
Et puis il restait cette histoire avec la Team Holo. Plus j’y pensais, moins j’avais l’impression que ce que j’avais vu au début de mon voyage était un simple incident. Le vol des documents, leurs apparitions et les questions qui restaient sans réponse… tout cela continuait de me trotter dans la tête.
Mais pour l’instant, je n’avais aucune réponse. Alors j’ai continué à avancer, mon deuxième badge soigneusement rangé avec le premier.
Je ne savais pas encore ce que Wandah me réservait après CryoValley.
Mais je commençais à comprendre une chose : chaque fois que je pensais avoir enfin compris cette région, elle trouvait toujours un moyen de me surprendre.
Chapitre suivant...
Chapitre IV — Entre glace et roche
25 août 2026
Après avoir obtenu mon deuxième badge à CryoValley, je savais que je ne pouvais pas simplement reprendre la route sans réfléchir. Les deux premières arènes m’avaient déjà montré que les choses allaient devenir progressivement plus sérieuses. J’avais encore beaucoup à apprendre, autant sur les Pokémon que sur cette région que je découvrais jour après jour. Avant de partir vers une nouvelle destination, j’ai donc décidé de retourner au Hameau de l’Écume.
Je connaissais déjà la plage et les environs, mais cette fois, je n’y retournais pas simplement pour revoir un endroit que j’avais déjà traversé. Je voulais améliorer ma façon de pêcher. Depuis mes premières tentatives, j’avais compris que la canne que je possédais ne me permettait pas forcément de rencontrer les Pokémon aquatiques les plus intéressants. J’ai donc profité de mon retour au hameau pour obtenir une nouvelle canne à pêche.
La différence s’est rapidement fait sentir. L’eau que j’avais déjà observée plusieurs fois semblait soudainement offrir davantage de possibilités. Chaque fois que je lançais la ligne, je ne savais pas vraiment ce qui allait apparaître. Certaines rencontres étaient sans grande importance, mais d’autres me permettaient de découvrir des Pokémon aquatiques que je n’avais encore jamais vus. Cela me donnait également envie de retourner dans certains endroits déjà parcourus. Je commençais à comprendre que dans Wandah, revenir en arrière ne signifiait pas forcément perdre du temps. Un même endroit pouvait révéler de nouvelles choses quelques jours plus tard.
Après cette parenthèse au bord de l’eau, j’ai décidé de consacrer les deux jours suivants à l’entraînement.
Cette fois, je voulais vraiment prendre le temps de préparer mon équipe. Le prochain combat d’arène approchait et je ne voulais pas arriver devant le champion en espérant simplement que tout se passerait bien. Les deux précédentes victoires m’avaient donné davantage de confiance, mais elles m’avaient aussi montré mes limites. Pendant ces deux jours, j’ai donc enchaîné les combats et pris le temps d’observer mes Pokémon, leurs forces, leurs faiblesses et surtout la manière dont ils réagissaient lorsque les combats devenaient plus difficiles.
Ces journées furent fatigantes, mais elles m’ont également permis de constater les progrès accomplis depuis mon départ. Au début de mon aventure, je me contentais parfois de réagir à ce qui se passait devant moi. Désormais, je commençais à réfléchir davantage avant d’agir. Je connaissais mieux mes Pokémon et j’avais davantage confiance en eux. Cette fois, lorsque je reprendrais la route vers une nouvelle arène, je savais que nous serions réellement préparés.
Après ces deux jours, j’ai finalement quitté le Hameau de l’Écume pour reprendre la direction de CryoValley. De là, il me fallait emprunter le Sentier Froid afin de rejoindre l’entrée de la Grotte Glagla.
Je me souvenais encore de certains passages difficiles de mon début de voyage, lorsque l’obscurité rendait les déplacements particulièrement pénibles. La Grotte Glagla était heureusement bien différente. Elle était éclairée et permettait de progresser sans avoir cette impression d’avancer à tâtons. L’endroit restait malgré tout assez particulier. Les parois rocheuses, l’humidité et cette fraîcheur persistante donnaient à la grotte une atmosphère presque silencieuse.
Je n’ai pas tardé à croiser un dresseur. Il s’appelait Ruiné et, même si son équipe n’était pas immense, le combat m’a permis de mettre immédiatement à l’épreuve les deux jours d’entraînement que je venais de passer. Il possédait notamment un Lovdisc et un Mentali. Le combat fut sérieux, mais je sentais que mon équipe avait gagné en assurance.
En poursuivant mon chemin, j’ai également découvert que la grotte abritait plusieurs Pokémon. Certains étaient assez difficiles à remarquer au milieu des rochers. J’ai notamment entendu parler d’un Pokémon fossile qui pouvait se trouver ici. Tarinor faisait partie de ceux que l’on pouvait rencontrer, et l’idée de découvrir un Pokémon dont l’évolution pouvait prendre une forme Roche et Acier m’a immédiatement intrigué. Je n’ai pas voulu traverser la grotte trop rapidement. Chaque nouvelle zone semblait avoir quelque chose à offrir et je commençais à prendre goût à cette sensation de ne jamais vraiment savoir ce qui pouvait se cacher quelques mètres plus loin.
La traversée fut finalement plus courte que je ne l’avais imaginé. Après quelques passages entre les rochers et un changement de niveau, j’ai retrouvé la lumière du jour.
Devant moi se trouvait Taiglia.
Le changement de décor était assez saisissant. Après la neige de CryoValley et l’ambiance froide de la grotte, la ville semblait beaucoup plus chaleureuse. Je me suis rapidement rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à découvrir ici. Un Centre Pokémon, une boutique, un marché aux baies, des ruches, une arène et même un Hall de Concours. Taiglia semblait être une ville où l’on pouvait facilement passer du temps sans forcément avoir besoin de repartir immédiatement.
Les ruches ont particulièrement attiré mon attention. Je ne connaissais pas encore vraiment leur fonctionnement, mais elles étaient installées juste à côté de l’arène. J’ai appris que le miel pouvait notamment servir à attirer certains Pokémon sur des arbres particuliers. C’était encore une de ces petites choses que je n’aurais probablement jamais découvertes si je m’étais contenté de suivre un chemin sans prendre le temps de regarder autour de moi.
Je suis également passé devant le Hall de Concours. Je n’y suis pas resté très longtemps, mais l’endroit m’a intrigué. Depuis mon arrivée à Wandah, j’avais surtout pensé aux combats et aux badges. Pourtant, il semblait exister toute une vie autour de ces épreuves, avec des concours, des marchés, des lieux où s’occuper de ses Pokémon et toutes sortes d’activités auxquelles je n’avais pas encore vraiment prêté attention.
En me rapprochant du ferry, j’ai également rencontré un chercheur. Il semblait particulièrement intéressé par un lieu appelé le Mont Mentholé. Je ne savais absolument pas ce qui pouvait m’attendre là-bas, mais son nom a retenu mon attention. Il y avait décidément toujours quelque chose qui venait se glisser sur mon chemin et qui semblait annoncer une prochaine étape.
Mais avant de penser à la suite, il me restait une chose à faire.
L’arène de Taiglia.
Après les deux jours d’entraînement, je me sentais prêt à affronter cette nouvelle épreuve. Je savais que le champion, Bertrand, était spécialisé dans les Pokémon de type Roche. Ce n’était pas le même genre d’adversaires que Coralla ou Frodo, et je savais que je devrais une nouvelle fois m’adapter.
Je suis donc entré dans l’arène.
Les combats qui ont précédé celui du champion m’ont permis de retrouver cette sensation particulière que je ressentais désormais avant chaque badge. Une certaine tension, mais aussi une forme de confiance que je n’avais pas au début de mon aventure. Je savais que je pouvais perdre, mais je savais également que mon équipe avait travaillé pour arriver jusque-là.
Puis je me suis retrouvé face à Bertrand.
Son premier Pokémon fut un Rhinocorne. Le combat commença rapidement et je compris que ses Pokémon n’étaient pas là pour me laisser passer facilement. Il enchaîna ensuite avec Amagara, puis Ymphect. Chacun de ces combats m’a demandé de rester concentré et de ne pas me précipiter.
Pourtant, cette fois, je n’ai pas eu cette impression de subir le combat.
J’avais passé deux jours à préparer mon équipe précisément pour ce moment et je sentais que cela avait fait la différence. Les combats précédents m’avaient appris à mieux connaître mes Pokémon, tandis que les entraînements récents m’avaient permis de renforcer ce qui devait encore l’être.
Le combat contre Bertrand fut difficile, mais nous avons fini par prendre le dessus.
Lorsque le dernier de ses Pokémon fut vaincu, j’ai compris que c’était terminé.
J’avais remporté mon troisième badge.
Le Badge Roche venait rejoindre les deux autres.
Je suis resté quelques instants à regarder le badge. Trois victoires en arène depuis mon arrivée à Wandah. Trois étapes qui, quelques jours auparavant, m’auraient semblé impossibles à imaginer. Pourtant, je n’avais pas l’impression d’être arrivé au bout de quoi que ce soit. Au contraire, plus j’avançais, plus je réalisais l’étendue de cette région.
En quittant l’arène, j’ai appris que je pouvais désormais emprunter le ferry pour continuer mon voyage. Mais avant de partir, quelque chose d’autre avait attiré mon attention : la Grotte Mystique, qui venait désormais de devenir accessible à l’ouest de Croissaville.
L’idée de revenir en arrière ne me dérangeait pas. Après tout, mon passage au Hameau de l’Écume venait justement de me montrer que les anciens endroits pouvaient réserver de nouvelles découvertes. J’ai donc décidé de garder cette grotte dans un coin de ma tête. On pouvait notamment y rencontrer Galekid, Racaillou, Nodulithe, Taupiqueur, Ramoloss ou encore Kokiyas. Galekid, en particulier, semblait être un Pokémon assez rare mais intéressant.
Pour l’instant cependant, je n’avais pas encore décidé de faire demi-tour.
Devant moi, le ferry attendait.
Il me restait encore tellement de choses à découvrir que je ne savais même plus par quoi commencer. Un chercheur m’avait parlé du Mont Mentholé, une nouvelle grotte venait de s’ouvrir sur mon chemin, et une autre destination m’attendait de l’autre côté de la mer.
J’ai finalement pris la direction du ferry.
Le prochain arrêt serait le Désert Cactus.
Et quelque chose me disait que Wandah n’allait pas me laisser profiter longtemps de cette impression de calme que j’avais ressentie après ma victoire.
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Chapitre V — Sous le sable
28 août 2026
Le ferry qui m'a conduit loin de Taiglia n'a pas mis longtemps à changer complètement de décor. Les eaux calmes du port ont peu à peu laissé place à une côte plus aride, puis à une chaleur que je n'avais pas ressentie depuis mon arrivée à Wandah. Après la neige de CryoValley et la fraîcheur humide de la Grotte Glagla, je m'attendais presque à retrouver un paysage familier. Il n'en fut rien. Lorsque je posai le pied sur la terre ferme, le sable s'étendait déjà à perte de vue.
Le Désert Cactus.
Hatolo, à mes côtés, semblait presque aussi surpris que moi. Je me souvenais de la fraîcheur qu'il affectionnait dans les rivières et les lacs que nous avions traversés, et je me demandais comment il allait s'accommoder d'un endroit pareil. Spooky, en revanche, sorti quelques instants de sa Poké Ball, paraissait parfaitement indifférent à la chaleur, comme si rien ne pouvait vraiment l'atteindre.
J'ai pris le temps d'observer les environs avant de m'enfoncer plus loin. Le sable n'avait rien d'un simple décor immobile. De temps en temps, un mouvement trahissait la présence d'un Pokémon caché sous la surface, ou dissimulé derrière l'un des nombreux cactus qui parsemaient le paysage. Je me suis souvenu de ce que je m'étais promis depuis mon arrivée dans cette région : ne pas me contenter d'avancer, mais essayer de comprendre ce qui m'entourait.
Alors j'ai pris mon temps.
J'ai croisé des Cacnea presque à chaque pas, ainsi que des Sabelette qui s'enfonçaient dans le sol dès qu'elles sentaient une présence approcher. Plus loin, des Mascaïman semblaient se prélasser à l'ombre des rares rochers, tandis que des Phanpy trottinaient parfois sans grande méfiance. J'ai aussi entendu parler d'un Pokémon plus discret, un certain Kraknoix, réputé pour être bien plus difficile à croiser que les autres habitants du désert. Je ne l'ai pas trouvé ce jour-là, mais je savais désormais que je devrais revenir.
Il y avait également deux créatures dont j'ignorais tout avant d'arriver ici. Midobuta, d'abord, un petit Pokémon de type Plante et Sol dont on m'avait parlé comme possédant une évolution particulièrement redoutable. Et puis Dipwin, que l'on disait caché dans les rares points d'eau du désert, un Pokémon si rare que je n'osais même pas espérer en croiser un. J'ai tout de même tenté ma chance près d'un petit point d'eau que j'avais repéré, sans succès. Encore une fois, quelque chose semblait vouloir m'échapper.
J'ai passé la majeure partie de la journée à capturer tout ce que je pouvais. Mon équipe s'agrandissait peu à peu, et je sentais que chaque nouvelle rencontre venait compléter un peu plus l'image que je me faisais de Wandah. Sur mon chemin, un dresseur du nom de Zacaras m'a arrêté. Il semblait avoir une véritable passion pour un seul type de Pokémon : il ne possédait que des Cacnea, quatre exactement, tous entraînés avec un soin visible. Le combat fut plus long que je ne l'aurais imaginé pour une équipe aussi peu variée. Zacaras connaissait ses Pokémon par cœur, et j'ai dû moi aussi puiser dans tout ce que j'avais appris depuis mon départ du laboratoire d'Améthyste pour en venir à bout.
Une fois le combat terminé, et une fois que j'ai estimé avoir suffisamment exploré le désert, capturé ce qui pouvait raisonnablement l'être, je me suis dirigé vers ElSol Ciudad, la petite ville qui bordait ces terres arides. L'endroit semblait vivre au rythme du désert : calme, presque endormi sous le soleil, mais avec cette énergie particulière que l'on retrouve dans les villes bâties aux frontières d'un territoire hostile.
C'est là que se trouvait la quatrième arène.
Le champion s'appelait Adam. On m'avait prévenu qu'il utilisait exclusivement des Pokémon du désert, et je m'y étais préparé du mieux que je le pouvais. Le combat commença avec un Cacturne, suivi d'un Bacabouh dont le comportement erratique m'a un peu déstabilisé au début, avant que je ne comprenne comment m'adapter. Le dernier Pokémon d'Adam fut un Maracachi, visiblement le plus expérimenté des trois. Hatolo et Spooky se sont relayés durant ce combat, et je dois reconnaître qu'il y a eu un moment où j'ai vraiment cru que la victoire allait m'échapper.
Mais nous avons tenu.
Adam m'a remis le Badge Cactus. Quatre badges, désormais rangés ensemble, chacun représentant une étape, une région traversée, un adversaire affronté. Je suis resté un instant à les regarder, avant de ranger l'étui et de ressortir dans la chaleur de la ville.
C'est en discutant avec quelques habitants d'ElSol Ciudad que j'ai entendu parler, pour la première fois, d'une étrange rumeur. Quelque chose se trouvait au sud-ouest du désert. Une sorte de brume épaisse, disaient certains, qui ne ressemblait à aucune tempête de sable normale. D'autres évoquaient carrément une présence, quelque chose de massif qui se serait installé là depuis peu.
Je n'ai pas résisté longtemps à la curiosité.
J'ai repris ma route, cette fois vers le sud-ouest, laissant derrière moi la ville et son arène. Le sable devenait plus instable à mesure que j'avançais, et la chaleur, déjà écrasante, semblait redoubler d'intensité. Puis je l'ai vue. Une brume dense, presque solide, tourbillonnant sur elle-même au milieu des dunes, comme si le sable lui-même refusait de se poser.
Je me suis approché avec prudence.
Ce qui se cachait derrière cette brume n'était pas un simple Pokémon sauvage. C'était quelque chose de bien plus imposant, une masse de sable animée d'une volonté propre, dont je ne parvenais même pas à distinguer clairement les contours. J'ai envoyé Hatolo en premier, pensant naïvement pouvoir gérer la situation comme n'importe quel autre affrontement.
Je me suis rapidement rendu compte de mon erreur.
La créature encaissait chaque attaque sans réellement broncher, et ses propres coups suffisaient à mettre Hatolo à rude épreuve en quelques instants seulement. J'ai essayé Spooky ensuite, espérant qu'un type différent changerait la donne. Le résultat ne fut guère plus encourageant. Ce Pokémon, quel qu'il soit, semblait appartenir à une catégorie entièrement différente de tout ce que j'avais affronté jusqu'ici, y compris les champions d'arène.
J'ai fini par battre en retraite.
Ce n'était pas une décision facile à prendre, mais je savais reconnaître un combat perdu d'avance lorsque j'en voyais un. En m'éloignant, la brume s'est refermée derrière moi, presque comme si elle reprenait sa position initiale, patiente, indifférente à mon passage. Je me suis promis de revenir un jour, mieux préparé, avec une équipe capable de tenir face à une telle force.
De retour à ElSol Ciudad, j'ai cherché des réponses. Un vieil homme, assis près de la boutique de pierres évolutives, m'a écouté décrire ce que j'avais vu sans manifester la moindre surprise. Il m'a simplement parlé d'un homme nommé Shadi, qui creusait le désert depuis des années à la recherche de quelque chose qu'il ne savait lui-même pas vraiment décrire. Shadi avait fini par découvrir des ruines enfouies au nord du désert. Une pyramide, disait-on, ensevelie sous le sable depuis on ne sait combien de temps.
Et c'est là, apparemment, que se trouvait la créature que je venais de croiser. On l'appelait Sablamide.
Je me suis dirigé vers le nord sans plus attendre.
La pyramide n'était pas difficile à trouver, une fois que l'on savait ce que l'on cherchait. Une partie de sa structure émergeait du sable, comme si le désert avait fini par céder après des années à la dissimuler. À l'entrée, un homme m'attendait, assis tranquillement à l'ombre d'un pan de mur à moitié effondré. C'était Shadi.
Il m'a expliqué, avec une patience presque étonnante pour quelqu'un qui semblait avoir passé des années à chercher cet endroit, que l'accès à Sablamide n'était pas aussi simple qu'il y paraissait. Il fallait d'abord répondre à une énigme, gravée quelque part dans les profondeurs de la pyramide. Un rébus, m'a-t-il précisé, composé de deux mots dissimulés dans des dessins vieillis par le temps.
Je suis entré.
L'intérieur de la pyramide n'avait rien à voir avec les grottes que j'avais déjà traversées. Les murs portaient des gravures que je ne comprenais pas immédiatement, des symboles répétés, des formes que je devinais familières sans parvenir à mettre un nom dessus. J'ai avancé lentement, pièce après pièce, essayant de rassembler les indices que Shadi m'avait vaguement laissé entendre.
Je n'ai pas trouvé la solution ce jour-là.
J'ai fini par ressortir, un peu frustré, le soleil déjà bas sur l'horizon du désert. Sablamide attendrait encore. La pyramide ne semblait pas pressée de livrer ses secrets, et je devais admettre qu'entre la Team Holo, cette pierre peinte que je n'avais toujours pas comprise, et maintenant cette énigme enfouie sous le sable, Wandah accumulait décidément les mystères plus vite que je ne parvenais à les résoudre.
Hatolo s'est approché tandis que je regardais une dernière fois la silhouette de la pyramide, à moitié engloutie par les dunes.
Quatre badges. Une créature de sable que je ne savais pas encore vaincre. Une énigme que je n'avais pas encore percée.
Je ne savais pas ce qui m'attendait au fond de cette pyramide, ni ce que cachait réellement ce Sablamide. Mais une chose était sûre : je reviendrais.
J'ai repris la direction d'ElSol Ciudad, le sable crissant sous mes pas, la nuit commençant doucement à tomber sur le désert.
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